L'usine de véhicules et batteries électriques Cenntro Motors a obtenu à la barre du Tribunal de Commerce la poursuite de la période d'observation de l'entreprise jusqu'au 29 octobre. Pour convaincre les juges, Didier Verriest, actuel directeur de l'usine, s'est engagé à ce que la production de filtres soit lancée au 15 octobre, et celle des véhicules utilitaires électriques et des scooters durant la dernière semaine d'octobre. « La ligne de production est opérationnelle » affirme-t-il, indiquant qu'en juin dernier un premier véhicule y a été assemblé. Mais ce délai a surtout été rendu possible par l'homologation, la veille, de son plan de sauvegarde de l'emploi par la Direction du Travail. Ce PSE prévoit de licencier 263 salariés sur 379.
Un an et demi d'inactivité
Dans le même temps et pour remettre à flot la trésorerie de l'usine, Peter Wang le CEO de la holding Cenntro Motors Limited a versé 1M? avant l'audiance au tribunal (en plus de 7,5M? ayant servi à payer les salaires depuis juin 2014). En outre, un partenariat avec un industriel français a été conclu pour fabriquer les batteries, tandis qu'un premier client aurait passé commande pour près de « 3M? via un contrat d'exclusivité ». Après avoir entendu l'avis des parties prenantes, direction, représentants des salariés, Direccte mais aussi AGS, le Tribunal a donc fait confiance à Cenntro pour remonter la pente et rattraper un an et demi d'inactivité. « Nous pensons pouvoir dégager des profits dès avril 2016 », a même avancé un représentant de Cenntro.
Due dilligence
Pour Didier Verriest, ce mauvais démarrage n'est cependant pas lié à de l'amateurisme. « À l'époque de la reprise de SITL, nous n'avions eu que trois semaines pour procéder à la due dilligence de l'entreprise. Nous avons même dû répondre à des clients mécontents qui avaient commandé des produits à Citelec et réparer des véhicules que nous n'avions pas montés ! » se défend le dirigeant, confirmant également que Lyon reste la base de développement européen de Cenntro. Le 10 septembre, à l'issue de l'audience, les salariés très mécontents ont été reçus par le commissaire au redressement productif, Simon-Pierre Eury et un représentant du Préfet. Ce dernier leur avait assuré que le PSE ne serait pas validé en l'état et que des indemnités supra-légales seraient demandées. Depuis, et devant le refus répété de la direction, le CE a choisi de répliquer en prenant comme conseil Maître Fiodor Rilov, l'avocat de la CGT qui avait défendu les intérêts des salariés de Continental à Clairvoix ou Goodyear à Amiens. « Quel gâchis, s'indigne ce salarié. Notre projet de remanufacturing de machines à laver aurait permis de sauver plus d'emplois », estime-t-il. Cenntro Motors France filiale du groupe sino-américan et dont le chiffre d'affaires consolidé n'est pas connu emploierait 1.200 personnes en Chine et un peu moins de 120 aux Etats-Unis. En France, seuls 116 salariés sur 379 seront donc maintenus en poste.
Pourtant, en rachetant SITL pour 500.000 ?, Cenntro Motors, s'était engagé à préserver 301 des 395 emplois pendant au moins cinq ans.
Audrey Henrion
Cenntro Motors
Lyon Dirigeant : Didier Verriest 116 salariés (après PSE) CA 2014 : 397K? Contact : 04 26 07 62 62