«C'est allé vite, car les hommes se sont bien entendus», explique Jean-Claude Lechanoine, président de la Chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) Basse-Normandie. Pour lui, l'arrivée au pouvoir des nouveaux présidents et des nouveaux élus (suite aux élections de fin 2010) a été déterminante: «Notre projet suscite un fort enthousiasme, même si nous sommes conscients de la complexité de sa mise en oeuvre». Réunis le 22avril dernier à Deauville, les élus et membres des bureaux des deux CCIR ont décidé de proposer aux assemblées générales extraordinaires du 17mai prochain, d'engager une démarche de rapprochement afin d'aboutir à la création d'une CCIR de Normandie.
Ambitions
Renforcer l'attractivité et la cohérence des deux régions sont les enjeux majeurs, explique Jean-Pierre Desormeaux, président de la CCIR de Haute-Normandie. «Ce qui est connu, c'est le nom de Normandie, pas les qualificatifs haute et basse. Et puis, il doit y avoir plus qu'une cohérence au niveau des deux régions. Ainsi, sur des dossiers comme la LGV, il nous faut des positions communes». Une cohérence interrégionale Normande qui devrait s'inscrire dans les débats sur l'aménagement du territoire, le développement des infrastructures, la promotion de l'axe Seine et des filières économiques interrégionales. Enfin, le rapprochement doit renforcer la proximité et la qualité de service et réaliser des gains de productivité par la mutualisation de fonctions supports et d'expertises.
CCI Normandie Jean-Pierre Desormeaux prévient: «On ne change pas les choses du jour au lendemain. Nous allons d'abord apprendre à fonctionner en duettistes
». Pour cela, les deux chambres vont se doter d'un groupement inter-consulaire (GIC) Normand nommé: CCI Normandie. Un GIC chargé de coordonner et mettre en oeuvre toutes les fonctions supports communes aux deux CCIR. Ainsi, dès le 1erjuillet, le GIC et les deux CCIR disposeront d'une direction générale unique et plusieurs fonctions seront intégrées dans la perspective d'une CCIR unique: RH, systèmes d'information, comptabilité et finances, achats et marchés publics ainsi que la communication. Le GIC exercera également des fonctions expertes (innovation, études et observatoires économiques) ou encore des fonctions opérationnelles comme l'international et les affaires européennes. Mais le président de la CCIR haut-normande rassure: «On ne crée pas un niveau supplémentaire. Le GIC est un outil de préparation de la future CCI de Normandie et permettra de rationaliser les moyens».
Message politique?
En terme de gouvernance, Jean-Claude Lechanoine, précise que chacune des CCIR aura le même nombre de représentants lors de l'assemblée générale (30 membres au total)
même si, sur le plan financier, la Haute-Normandie est plus riche avec 58% des ressources totales des deux territoires. Un exemple de rapprochement qui montre la voie et devrait faire réfléchir les politiques, même si Jean-Claude Lechanoine se défend d'être porteur d'un message: «Notre action n'est pas destinée au monde politique. Ce que nous réalisons, c'est une échelle plus pertinente, selon nous. Et, si demain, il n'y a pas de réunification politique, nous gérerons les financements sur les deux régions». Et sur une éventuelle modification de la carte consulaire, le président de Basse-Normandie est optimiste: «Nous pensons qu'elle va se réécrire naturellement dans les quatre ans, car les gens vont apprendre à travailler ensemble». De concert, les deux présidents assurent aussi que cette évolution n'aura pas d'incidence directe sur le nombre de salariés ou une éventuelle restructuration, même s'ils concèdent qu'avec la baisse des recettes liée à la nouvelle loi de réorganisation: «Il y aura forcément un redéploiement des emplois et il faudra inciter certains à changer de métier. Mais nous n'avons pas l'intention de licencier».
Sébastien Colle
Réseau consulaire Les élus et membres des bureaux des CCIR de Haute et de Basse Normandie ont décidé d'engager une démarche de rapprochement.