"Rennes choisie pour une fusion..." En cinq mots, Youenn Le Boulc'h, président de la CCI de Saint-Malo - Fougères, nous annonce le vote des élus de sa chambre en faveur d'un rapprochement avec la CCI de Rennes, dans le cadre de la réforme consulaire. Ce 17 juillet fera date. "Mais ce n'était qu'un vote d'intention... vote final pour le 4 septembre !", temporise d'emblée le Malouin, prudent. Le vote définitif de la carte consulaire bretonne qui s'oriente vers 4 CCI départementales n'interviendra en effet qu'en septembre au niveau de la CCI régionale, où les élus malouins ne disposent que de 4 voix ; Rennes en a 14. Mais on voit mal un autre scénario entériné à la rentrée...
Enterré le "Tout Sauf Rennes" ?
Cette intention crée néanmoins la surprise. Ces derniers temps, l'ambiguité régnait sur le littoral breton. Entre les adeptes du "TSR" ("Tout Sauf Rennes)" et des regards plutôt tournés vers Saint-Brieuc, dont la CCI avait d'ailleurs voté en juin à l'unanimité pour sa fusion avec la voisine malouine... comme Rennes d'ailleurs ! La CCI de Saint-Malo - Fougères est très courtisée. Son président lui-même ne misait pas du tout sur le Rennais, perçu comme un grand prédateur : "Rennes veut grossir et nous manger, mais ils n'ont besoin de personne et nous n'avons rien à faire ensemble !" Lui défendait plutôt une cohérence littorale, argumentée par une logique de gestion portuaire, mais aussi par des traits communs en matière de tourisme et de typologie de ressortissants liés au petit commerce... aux antipodes de Rennes, selon lui. Son autre argument en faveur des Côtes d'Armor : "Nous attendions depuis longtemps le Pays de Dinan, complémentaire... Il faut nous respecter." Youenn Le Boulc'h devra sans doute se ranger derrière la décision votée par sa propre chambre. A moins d'un revirement qui paraît improbable, même si le président malouin dit vouloir aller jusqu'au bout. Jusqu'en justice ? En dernier recours, c'est le préfet qui serait amené à trancher.