98 pour, 59 contre (dont Saint-Etienne et Paris), 12 abstentions. Après des mois de débat, les chambres de commerce françaises ont tranché. Lors de la dernière assemblée générale de l'ACFCI, le mois dernier à Paris, elles se sont officiellement prononcées en faveur d'un protocole de réforme structurelle. Ce texte ne fait évidemment pas office de loi. Mais il doit servir de base à la réforme présentée par le gouvernement, vraisemblablement à l'automne prochain, devant le Parlement. Que prévoit-il? La création d'une CCI régionale renforcée (CCIR), en lieu et place des actuelles CRCI, et des chambres territoriales, qui garderont leur statut d'établissement public mais sans réel pouvoir de décision. Les CCIR auraient en effet pour mission de gérer l'ensemble des fonctions supports des chambres de leur territoire: formation, accompagnement, des entreprises, communication, RH, informatique, comptabilité... Elles auraient en outre l'entière maîtrise du budget et de la stratégie. Ce qui constitue le coeur d'un conflit interne qui empoisonne les chambres. Car malgré le vote du mois dernier, plusieurs d'entre elles sont toujours opposées à la régionalisation.
«Des coquilles vides»
Constituer des chambres territoriales à côté des CCIR, c'est fabriquer «des coquilles vides», explique Jacques Kuhn, président de la CCI de Brest. D'autre part, un point crucial n'a pas été tranché lors de l'AG de l'ACFCI. Qu'adviendra-t-il pour les départements hébergeant plusieurs chambres départementales, comme c'est le cas dans la Loire? Le palier de 4.500 ressortissants par chambre pourrait passer à huit ou neuf mille, dit-on dans les couloirs. De quoi activer encore regroupements et synergies entre organes consulaires.
Les présidents de CCI ont voté en faveur d'une réforme accentuant la régionalisation des CCI. Une soixantaine d'entre eux, dont André Mounier, espèrent pourtant toujours faire capoter le projet.