Catalyse : Des matériaux auto-cicatrisants
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Catalyse : Des matériaux auto-cicatrisants

R&D Catalyse, spécialisée dans la R&D, travaille sur des matériaux auto-cicatrisants qui pourraient avoir des débouchés dans l'aérien et le spatial.

Créée en mars1990 par le professeur Alain Périchaud, la société marseillaise Catalyse a tout d'abord planché sur la conception d'une peinture antifouling pour les coques de navire. Mais la réglementation européenne, très contraignante, a eu raison du développement concret de cette idée. «Nous avions une production pilote, les tests démontraient l'efficacité de notre produit et sa non-toxicité, mais nous avons découvert une réglementation plus complexe sur les produits bactéricides. Il nous aurait fallu investir de 5 à 6millions d'euros en tests et contrôles pour pouvoir décrocher le label. J'ai finalement renoncé et nous avons vendu le brevet à la société américaine Londza, qui l'exploite et nous verse des royalties», rappelle Alain Périchaud. «Il est assez délirant de constater qu'en Europe, nous pouvons mettre au point des produits très innovants, mais qu'il n'est pas possible de les mettre sur le marché».




Détecter les chocs sur un avion

Catalyse est alors revenue à la recherche et développement. «Nous avons travaillé au concept d'auto réparation des matériaux, suite à un choc ou au vieillissement. C'est une approche récente. Les premières publications dans ce domaine sont américaines et datent de 2001». L'équipe de Catalyse a ainsi mis au point un polymère capable de s'auto cicatriser. «Nous avons financé deux thèses et déposé des brevets pour l'Europe et les États-Unis. Nous cherchons aujourd'hui des partenaires pour mettre en application ce concept que nous avons développé sur nos fonds propres». Au travers d'un consortium international des tests ont été réalisés sur des panneaux solaires destinés à l'industrie spatiale. «Sur les satellites, les panneaux sont soumis à des chocs. Le revêtement est couvert d'une couche de microcapsules emprisonnant un polymère qui ne réagit qu'à la lumière. En cas de chocs, les microcapsules libèrent le polymère, qui finit par reboucher la microfissure». Catalyse est ensuite allée plus loin et a élargi cette idée à la cicatrisation en présence d'oxygène et d'humidité. «C'est l'environnement qui est le moteur de la cicatrisation». L'entreprise travaille par ailleurs à la cicatrisation à la lumière visible qui pourrait être utilisée pour les peintures de voiture. Le projet européen Saristu regroupe 62 entreprises de l'aéronautique. «Nous y réfléchissons à la détection d'impact sur les avions qui sont aujourd'hui en matériaux composites. Certains chocs peuvent entraîner des problèmes mais ne laissent pas de traces visibles. En encapsulant un actif qui se libérerait lors de l'impact, nous pourrions solutionner pas mal de difficultés». Afin de financer ces dossiers, la société propose des services d'analyse, de R & D et de formation. Elle fait également partie du pôle Pégase et participe au projet Peter Pan.

Catalyse



Marseille Alain Périchaud 13 salariés CA: 800.000 € 04 91 87 93 67 www.catalyse-fr.com

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