Le secteur pharmaceutique est loin d’être le cœur de son activité. Il représente 10 % de son chiffre d’affaires (près de 50 millions d’euros l’an dernier), quand la cosmétique pèse, elle, 60 %. Mais c’est un axe de développement majeur pour Greentech. Afin de renforcer sa position dans le secteur, la société de biotechnologies, créée il y a 32 ans et installée à Saint-Beauzire près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), a racheté une partie des activités du laboratoire Gifrer.
Une nouvelle unité de production
"Nous avons repris leur activité extraction végétale. Nous détenons désormais leur portefeuille produits, leurs équipements et leur portefeuille clients composées de grands groupes pharmaceutiques. C’était une belle opportunité", souligne Jean-Yves Berthon, PDG et fondateur de Greentech (230 salariés).
Un bâtiment de 1 300 m², dédié initialement à la logistique, a été entièrement transformé pour accueillir cette nouvelle activité en Auvergne. Elle est opérationnelle depuis le début de l’année. L’unité de production extrait les principes actifs de certaines plantes, comme le grindélia ou le gelsemium, nécessaires à l’élaboration de médicaments. Greentech les vend ensuite aux laboratoires sous forme de sirop ou de poudre sèche.
Marché pérenne de plusieurs millions d’euros
Une activité qui vient en complément des productions des autres filiales du groupe, Greensea et Greencell. "Nous livrons aujourd’hui des extraits végétaux, des souches microbiotales et certains extraits de microalgues pour des produits cicatrisants par exemple. Désormais, nous devenons visibles en industrie pharmaceutique comme nous le sommes déjà dans la cosmétique. Et puis, cela rassure tous nos clients car nous avons fait un saut en termes de qualité, la pharmaceutique étant plus exigeante. Cela nous tire vers le haut pour nos autres activités", explique le dirigeant.
Au final, entre le rachat et la transformation de son site, l’entreprise a investi entre 4 et 5 millions d’euros et attend des retombées importantes. "Nous espérons doubler notre chiffre d’affaires d’ici 5 ans sur la partie pharmaceutique. C’est un marché pérenne de plusieurs dizaines de millions d’euros. Et puis, les clients sont souvent fidèles car changer de fournisseurs implique de longues démarches auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicaments. C’est dissuasif", avance Jean-Yves Berthon, également titulaire d’un doctorat en biologie.
Pas tous ses œufs dans le même panier
Si Greentech investit massivement dans la pharmaceutique, elle n’abandonne pas ses autres activités, en premier lieu la cosmétique. Elle fournit aujourd’hui des ingrédients actifs, aux propriétés notamment antirides, hydratante, antipelliculaire… aux grandes maisons du secteur. Le groupe compte aussi se renforcer sur l’agroécologie, très prometteuse. Ses solutions de biocontrôle ou de biofertilisation, fabriqués à partir de micro-organismes, remplacent les engrais et pesticides chimiques. Greentech est aussi sur les marchés de la nutrition humaine et animale, du compostage et de la préservation de l’eau potable grâce au traitement biologique des eaux usées et retenues d’eau. Elle réalise 60 % de son chiffre d’affaires à l’export.