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Carasoie change de dimension avec son nouvel atelier à Pont-Évêque
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Carasoie change de dimension avec son nouvel atelier à Pont-Évêque

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Le spécialiste isérois de la confection de foulards et cravates pour les grandes maisons du luxe vient d’emménager dans un nouvel atelier de 3 000 m². Un investissement de 4,5 millions d’euros qui accompagne une croissance fulgurante et une politique active de recrutement et de formation.

Le nouveau site de Carasoie se situe à moins de 1 kilomètre du précédent — Photo : Carasoie

L’entreprise Carasoie, installée à Pont-Évêque en Isère, vient de franchir une étape décisive dans son développement. Le spécialiste de la confection d’accessoires de luxe (foulards en soie, en cachemire et cravates) a investi 4,5 millions d’euros dans un nouvel atelier de 3 000 m², soit près de trois fois la surface de ses anciens locaux, devenus trop exigus.

Construit sur un terrain de 12 000 m² dans la zone de Monplaisir, à seulement 950 mètres du précédent site, ce nouveau bâtiment offre des conditions de travail plus fonctionnelles et un potentiel d’extension pour les années à venir. L’atelier de production a quant à lui doublé, passant de 680 m² à 1 500 m². Au-delà de l’aspect productif, l’idée est de faire du nouvel atelier un lieu attractif, pensé pour fidéliser les équipes. Patio central végétalisé, espaces lumineux et organisation ergonomique des postes visent à améliorer le confort de travail.

Une croissance fulgurante en trois ans

Depuis son rachat en avril 2022 par Robin Avenel, ex-banquier passé par Merrill Lynch aux États-Unis, le sous-traitant pour de grandes maisons de luxe, Carasoie connaît une ascension remarquable. En trois ans, l’entreprise a multiplié par cinq son chiffre d’affaires et ses effectifs sont passés d’une vingtaine de salariés à 130 aujourd’hui. Depuis 2022, Carasoie travaille avec les mêmes clients et ne cherche pas à développer de nouvelles relations commerciales. "Grâce à ces clients socles, nous disposons d’un carnet de commandes qui est plus que plein jusqu’en 2028, ce qui nous garantit une excellente visibilité", déclare Robin Avenel, dirigeant de Carasoie.

L’atelier fonctionne en toute discrétion, les grandes maisons de luxe clientes imposant des contrats de confidentialité. Ici, 98 % des postes de couture sont occupés par des femmes qui perpétuent un savoir-faire rare : le roulottage à la française, une technique traditionnelle d’ourlet encore maîtrisée par très peu d’ateliers. Ce savoir-faire représente les deux tiers de l’activité de Carasoie.

Recrutement et transmission du savoir-faire

Le nouvel atelier doit aussi accompagner une nouvelle vague de recrutements. Carasoie prévoit d’embaucher une dizaine de personnes supplémentaires d’ici la fin de l’année 2025, avec l’objectif d’atteindre 140 salariés. Mais la société ne recherche pas forcément des couturières expérimentées : elle mise sur un processus de formation interne rigoureux. Les candidats sont sélectionnés à l’issue de tests d’habileté manuelle, puis suivent une formation préalable de 400 heures avant d’intégrer les équipes. "Il faut près d’un an pour acquérir le niveau d’expertise exigé par nos clients", explique Robin Avenel, qui mise sur la transmission et l’apprentissage pour assurer la pérennité de ce métier d’art. À plus long terme, l’objectif est de développer un maximum de compétences en interne en passant par la formation continue des collaborateurs afin de leur permettre d’acquérir une totale polyvalence sur les différents postes.

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