Quasi rentable sur son marché français, Campsider engage une nouvelle phase de développement. La place de marché spécialisée dans les équipements techniques de sport outdoor d’occasion annonce une levée de fonds de 1,5 million d’euros — menée par Founders Future, investisseur historique et le fonds 50Partners Impact — complétée par une campagne de financement participatif sur Sowefund. Objectif : financer son expansion européenne, avec l’ouverture des marchés italiens et allemands dès 2026.
Fondée en 2020 par Thomas Gounot et Arthur Rocle, Campsider revendique aujourd’hui une communauté de 200 000 sportifs, plus de 40 000 équipements vendus et un volume d’affaires annuel de 10 millions d’euros, en croissance de 100 % par an. La start-up s’est imposée sur un segment précis : les équipements techniques de seconde main (vélos, skis, snowboard), avec des paniers moyens élevés (2 000 euros pour le vélo, 200 euros pour les skis) et des remises pouvant atteindre 70 %.
Un modèle structuré autour de deux verticales clés
Après un démarrage large, Campsider a rapidement resserré son modèle autour de deux verticales : le ski, puis le vélo, aujourd’hui moteur de près de 80 % de l’activité. La plateforme travaille exclusivement avec des magasins de sport partenaires (plus de 600 en Europe) qui s’engagent sur un cahier des charges strict, incluant contrôle, reconditionnement et garantie de 12 mois. "Nous jouons un rôle de tiers de confiance sur des produits à fort enjeu de sécurité et de performance", souligne Thomas Gounot.
Cette discipline opérationnelle et financière distingue Campsider d’une première génération d’acteurs de l’outdoor d’occasion, dont certains concurrents comme Barooders ou Everide ont disparu. La société a enregistré son premier mois rentable en décembre 2025 et vise un exercice entièrement rentable en 2026, avec un chiffre d’affaires attendu de 17 millions d’euros.
Cap sur l’international dès 2026
Avec cette troisième levée de fonds (probablement la dernière selon ses dirigeants), Campsider, aujourd’hui fort d’une dizaine de salariés, prépare un déploiement progressif à l’international. Particularité du modèle : aucun besoin de recréer un catalogue. Les stocks déjà digitalisés en France permettront d’alimenter les nouveaux marchés européens. "Cette levée n’est pas une urgence financière, mais un choix stratégique pour financer une croissance ciblée", insiste le cofondateur.
Le premier semestre 2026 sera consacré à la consolidation de la rentabilité, avant un déploiement international progressif, probablement avec un lancement de l’Italie en premier au second semestre. À horizon 2027, Campsider vise 24 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 30 % réalisés à l’export, avec l’ambition de devenir la référence européenne de la seconde main sportive. Le siège reste à Lyon, tandis que les équipes sont réparties entre Paris et Annecy, au plus près des bassins de pratique outdoor.