En décrochant auprès de l'équipementier automobile Faurecia un marché de près de 10 millions d'euros sur les dix ans qui viennent, l'industriel normand s'est donné une véritable bouffée d'oxygène. Acteur historique de la métallurgie implanté près de Rugles dans l'Eure, la société Caliste Marquis (groupe Califil) avait pourtant enregistré en 2012 une chute de -11 % de son chiffre d'affaires dans l'automobile (après -8 % en 2011), passant de 5,5 M€) 4 M€. En cause, notamment, la perte de marchés de tiges de freins à main et de crochets d'attelage. Face aux incertitudes du marché automobile, l'entreprise avait depuis quelques années engagé sa mutation. « On a failli disparaître, mais on s'est battu », résume son P-dg Jean-François Meyer. En se positionnant sur des marchés plus porteurs et moins concurrentiels, tels les pics à brochettes dont l'entreprise est devenue l'un des leaders en France avec près de 15 millions d'unités produites chaque année. « Nous avons été sauvés par ces marchés de niche », reconnaît le dirigeant qui cite la réussite de l'autre branche du groupe, Aplifil, sur le marché des claies à fromage à destination des industriels affineurs (+20 % de CA en 2011 sur ce segment).
De producteur à assembleu
r Créée en 1842 et spécialisée à l'origine dans la fabrication de pièces de harnachements de chevaux, Caliste Marquis s'est progressivement développée dans l'agroalimentaire pour devenir « la » référence dans certains marchés de niches tels les barres à dents ou les crochets de boucherie. Fragilisé par la désindustrialisation (« nos clients sont des industriels »), le groupe n'avait pas d'autre solution « que de travailler sur des nouveaux produits et des nouveaux services ». En renouant avec l'équipementier automobile Faurecia, Caliste Marquis entend démontrer sa capacité à devenir bien plus qu'un simple producteur de pièces.
Soutenu financièrement par la Région Haute-Normandie à hauteur de 220.000 euros (via un prêt à taux zéro remboursable sur cinq ans garantis par Oséo), le groupe dirigé par Jean-François Meyer a investi au total un demi million d'euros pour l'acquisition d'un îlot robotisé d'assemblage en soudure ainsi qu'une machine numérique de pliage de fil métallique. Des outils qui vont permettre à la société Caliste Marquis, le navire amiral du groupe, de produire des paniers centraux et latéraux servant de structure d'assise pour le futur véhicule utilitaire de Renault, le Trafic, dont la production doit démarrer sur le site de Sandouville en octobre prochain. Longtemps victime sur certains de ses marchés de la concurrence de pays à faibles coûts de main-d'oeuvre, Jean-François Meyer met cette fois en avant l'atout de la proximité dans l'obtention de ce marché décisif pour son groupe. « Notre avantage, c'est la localisation : nous étions en concurrence avec des Turcs, des Portugais, des Polonais ou encore des Slovaques... Et la différence s'est faite sur la logistique. Avec des paniers métalliques, on transporte du vide ce qui génère d'énormes coûts de transport ». Et sur ce terrain-là, Caliste Marquis était plus compétitif que les autres. Sans compter que grâce à ses derniers investissements, le spécialiste du formage de fil métallique s'impose désormais comme un assembleur et plus simplement comme un producteur de pièces en série. À pleine cadence, l'entreprise pourrait produire jusqu'à 1.500 paniers jour !
Métallurgie. Dans un marché en contraction, Jean-François Meyer trouve face à lui des donneurs d'ordres prompts à intégrer des productions qu'ils ont jadis externalisées. Pour survivre, il s'est repositionné sur des marchés de niche.