Discrètement mais sûrement, Calamuso Stores fortifie son outil industriel. La PME familiale azuréenne, implantée près de Nice, vient d’investir 350 000 euros (avec le soutien de Bpifrance) dans une seconde ligne de production, entraînant deux recrutements et bientôt un troisième.
En seulement 24 à 48 heures
Un outil automatisé qui va lui permettre de doubler, a minima, la fabrication de ses toiles. "La machine va nous permettre de sortir un store et une toile en 24 à 48 heures, là où il faut plutôt une semaine en basse saison et jusqu’à trois en haute saison, précise Jeoffrey Calamuso, directeur général.
À 38 ans, il est la troisième génération à la tête de la PME. Entré en apprentissage il y a vingt ans, il a occupé "tous les postes" jusqu’à prendre la tête il y a cinq ans. Calamuso Stores emploie entre 25 et 30 personnes selon la saison, et réalise un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, uniquement en B to B, essentiellement auprès de storistes qui travaillent eux-mêmes pour la restauration ou pour des particuliers.
De la précision suisse
"Ces dix dernières années, nous avons beaucoup investi dans des machines automatiques, performantes, d’abord avec une nouvelle ligne, pour près de 600 000 euros, qui nous a permis de multiplier par deux voire trois la production, reprend le jeune patron qui mise sur des produits et un service haut de gamme.
La dernière, qui vient de l’autre côté des Alpes, doit en faire autant pour un investissement de 350 000 euros. "Nous n’achetons que des machines suisses car elles sont de très grande qualité, ne tombent pas en panne. C’est de l’horlogerie !, explique Jeoffrey Calamuso. Évidemment, elles sont plus chères et ces investissements représentent des sacrifices mais c’est ce qui nous permet d’évoluer. Les toiles que l’on confectionne via ces machines sont parmi les mieux confectionnées de France où nous ne sommes que deux à avoir de telles machines."
Fidélité des clients et bouche-à-oreille
Face une concurrence "assez agressive" venant d’Espagne, le positionnement de Calamuso Stores est clair : la qualité prime. Ne serait-ce pour que les clients reviennent, car l’entreprise "n’a jamais eu de commerciaux", ne fonctionnant que grâce à la fidélité de clients satisfaits et par du bouche-à-oreille.
"Nous ne sommes pas là pour réaliser 10, 20, 50 millions d’euros chaque année, explique le patron. Moi, ce que j’adore, c’est développer, voir un client évoluer. C’est le cas de certains ces dernières années. Un client qui achetait 40 000 euros chez nous et est maintenant est passé à 600 000 euros… ça, je préfère à un commercial qui va me ramener de nouveaux clients."
Zéro plastique
Ainsi les pièces sont fabriquées, dans la région de Milan, à partir des moules créés par l’entreprise. Les profilés, eux, viennent de France, de Puget-sur-Argens dans le Var ou d’Albi. Les câbles sont fabriqués en interne. "Et contrairement à des stores italiens ou espagnols, on n’utilise aucun plastique. Nous utilisons de l’inox, de l’aluminium ou du bronze mais zéro plastique."
Le choix du made in France
Les toiles viennent quant à elle de France ou d’Italie. Les fils, exclusivement de France. "Faire du made in France, je pense que c’est une question de choix, c’est faisable", affirme le dirigeant qui n’entend varier ni de vision, ni de stratégie. Et ce malgré une conjoncture difficile et une demande qui risque de ne pas engendrer une croissance. "Ça ne me fait pas peur d’investir, conclut Jeoffrey Calamuso. C’est quand ça ne va pas qu’il faut investir pour être prêt à la reprise."