Sur le premier semestre 2015, le groupe Eurotunnel publie des résultats en hausse par rapport à la même période en 2014. Avec un chiffre d’affaires consolidé qui s’élève à 649 millions d’euros, le groupe affiche 9 % de croissance par rapport au premier semestre 2014. Côté résultat net, Eurotunnel enregistre un profit de 39 millions d’euros par rapport à une perte de 5 millions d’euros en 2014 (recalculée). Pour le groupe, il s'agit d'ailleurs du 11e semestre consécutif de croissance. Jacques Gounon, président du groupe Eurotunnel, commente : "Nous sommes confiants dans la poursuite de cette tendance positive sur la deuxième partie de l'année. Nous continuons par ailleurs d'investir dans la qualité d'accueil de nos autoroutes ferroviaires pour que nous soyons en mesure de transporter 2 millions de camions en 2020."
L'affaire Myferrylink
Malgré ces bons résultats, ce premier semestre n'aura pas été un long fleuve tranquille pour le groupe Eurotunnel. Ce dernier est engagé depuis quelques mois dans un bras de fer avec les 600 salariés de la Scop Seafrance, qui exploitait jusqu'alors (sous le nom commercial MyFerryLink) les navires que le groupe Eurorunnel avait rachetés en juillet 2012 dans le cadre de la faillite de la compagnie maritime SeaFrance.
Rappel des faits depuis début 2015 :
- Le 9 janvier dernier, l'autorité de la concurrence britannique interdit aux navires de MyFerryLink d'accoster à Douvres et le groupe Eurotunnel fait part de a volonté de trouver un repreneur pour les navires et pour MyferryLink.
- Le 27 mai, le groupe notifie à la Scop SeaFrance le non-renouvellement des contrats entre les parties, avec effet au premier juillet 2015.
- Le 7 juin, Eurotunnel annonce avoir retenu une offre engageante du groupe DFDS portant sur les deux navires, le Berlioz et le Rodin, confirmant ainsi sa décision d’arrêter l'activité de commercialisation de traversées Transmanche avec ces deux navires. Du fait de la clause d’inaliénabilité de cinq ans imposée lors de leur achat en 2012, l’accord avec DFDS prévoit la location des deux navires à compter du 2 juillet 2015, avec une option pour procéder par la suite à leur cession. Eurotunnel étudie également la possibilité de demander au Tribunal de commerce de Paris de lever cette clause d’inaliénabilité.
- Le 22 juin, Eurotunnel annonce son intention de conserver le navire Nord Pas-de-Calais et de poursuivre son activité maritime sous forme d’un service de fréteur en exploitant ce navire.
DFDS ne reprendrait que 200 des 600 salariés de la Scop Seafrance. Dans ce contexte, ces derniers multiplient les actions depuis le début de l'été, bloquant à plusieurs reprises le port de Calais, l'autoroute A16 et l'accès au tunnel. Au moment où nous écrivons, les barrages du port sont levés jusqu'à ce vendredi 10h, date à laquelle se tiendra une nouvelle assemblée générale. Ce mercredi 22 juillet, une nouvelle réunion était programmée dans l'après-midi en présence des différents acteurs, au Ministère des Transports. Enfin, une audience est également fixée au tribunal de commerce ce jeudi matin. A suivre...
Eurotunnel réclame 10 M€ aux Etats français et britanniques
La Scop Seafrance n'est d'ailleurs pas le seul souci du groupe qui réclame 9,7 M€ aux Etats français et britanniques face à l'afflux de migrants qui tentent de rejoindre la Grande-Bretagne via le tunnel Cette somme doit permettre au groupe de faire face à ses dépenses de sécurité ainsi qu'à ses pertes d'exploitations générées pars les tentatives de traversée des migrants. "Le nombre de migrants à calais est sous estimé par les autorités ", a indiqué Jacques Gounon.