Votre société a connu un redressement judiciaire jusqu’en juillet 2014. Avec le recul, quelle analyse faites-vous de cette période ?
"Trois principales causes nous ont conduit à cette mise en redressement judiciaire : une baisse d’activité globale dû au contexte économique, deux gros impayés en 2011 et un problème d’ordre social aux lendemains de la reprise du site en 2011. Une anomalie dans la procédure de licenciement a conduit à 2 ans et demi de surchage salariale, soit 300.000 € de surcoût pour dix salariés de trop imposés par la direction du travail."
Six mois après cette période, où en êtes-vous ?
"2014 a connu une hausse d’activité d’environ 23 % du fait, notamment, de nouveau produits que nous avons lancé. La hausse de la croissance française couplée aux nouveaux marchés que nous avons saisi du fait de beaucoup d’innovation. On a lancé la dentelle bi-élastique, c’est une innovation de matière qui nous permet de faire de la corsetterie gainante. Nos matières sont aussi de plus en plus fines tout en étant résistantes. C’est un créneau que l’on développe beaucoup avec Dim, notamment pour le modèle "Sublim" avec des bonnets moulés."
Qu’avez-vous investi pour remettre la société sur les rails ?
"Pour ces innovations, nous avons dû modifier nos machines. Chacune d’entre elles aura nécessité un investissement entre 35.000 et 40.000 €. À aujourd’hui, 5 machines sont équipées. Nous avons réduit notre parc matériel pour nous concentrer sur des axes centraux, comme un système de liage particulier capable de produire de la dentelle du 19e siècle. D’ici un an et demi, nos collections produits en Asie représenteront 30% du CA contre 10 aujourd’hui. Pour ce qui est de la teinture, la dentelle sera traitée dans des pays frontaliers comme l’Autriche ou l’Espagne. Les tarifs français sont mirobolants."
Jean-Louis Dussart est président de Desseilles Laces, société de dentelles au CA 2014 de 9 M€ basée à Calais et qui emploie 74 salariés. L'entreprise a connu 18 mois de redressement judiciaire jusqu'en juillet 2014. Depuis son dirigeant a relancé l'activité et s'attend à un résultat net positif dés l'année prochaine.