C : Surget : « Arrêtons de mettre les travaux publics à l'index»

C : Surget : « Arrêtons de mettre les travaux publics à l'index»

Tramway Le président de la Fédération régionale des travaux publics répond aux accusations d'entente portées par la Cub dans le cadre de l'appel d'offres sur le tram.

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incent Feltesse, président de la Cub, accuse d'entente sur les prix les groupements qui ont répondu à l'appel d'offres pour la 3e phase du tramway. Que lui répondez-vous?

Nous avons été choqués d'être ainsi mis à l'index. L'Aquitaine compte 450 entreprises de travaux publics, qui emploient 17.000 personnes. De telles accusations jettent à nouveau l'opprobre sur notre profession sans preuve. Ce métier est difficile, nos employés sont soumis à de lourdes taches et ce par tous les temps. Nous pensons que les efforts que nous avons consentis en formation, sécurité, insertion sociale, revalorisation des salaires et de nos métiers depuis plusieurs années méritent plus de considération. Nous payons encore des a priori d'une autre époque même si une société composée par des hommes n'est hélas jamais parfaite.


La Cub estime que les réponses qu'elle a reçues sont 15% supérieures à ses estimations. Vous contestez donc les estimations?

Nous pouvons comprendre que la Cub souhaite construire la 3e phase du tramway 40% moins cher que les phases précédentes. Mais nous ne pouvons admettre que cette économie soit à la charge exclusive des entreprises de construction. Il faut bien comprendre qu'un chantier comme le tramway, par essence urbain, est un chantier de prestation, de main-d'oeuvre et de matériel avec des "phasages" compliqués. Ce n'est pas un chantier à haut rendement. La folie des prix suicidaires pratiqués par nos entreprises très inquiètes du lendemain a sûrement laissé espérer des déraisons encore plus folles. Nous ne savons pas quels sont les critères qui ont poussé le président de la Cub à son action. Nous avons souhaité nous en entretenir avec lui, des négociations avec les entreprises soumissionnaires sont en cours et nous souhaitons l'apaisement.


Avec la LGV, les deux futurs ponts, le stade, les nouveaux quartiers... les entreprises aquitaines ne sont pas les plus à plaindre.

Certes, mais attention, beaucoup de ces projets sont encore dans les cartons ou à l'étude et les premiers coups de pioche ne sont pas tous immédiats. Sauf pour la LGV mais seulement 30 kilomètres soit, 10% de son parcours, concernent l'Aquitaine. Il s'agit là d'ouvrages d'un génie civil très technique avec des métiers qui ne sont pas accessibles à tous. En ce qui concerne le grand stade, c'est pour 2013. Il reste et c'est heureux les travaux de l'A63. Notre inquiétude est dans les travaux de proximité, qui nourrissent l'essentiel des PME ou des agences locales des groupes nationaux.


Avez-vous ressenti une baisse des investissements des collectivités?

Nos représentants dans les départements d'Aquitaine nous informent d'un arrêt des demandes de subventions par les collectivités locales au prétexte que les financements complémentaires sont impossibles à obtenir. C'est le diable qui se mord la queue alors que le Préfet nous assure que les demandes seront financées. La nouvelle banque des collectivités locales en remplacement de Dexia Crédit local, qui devrait être baptisée La banque Postale Développement Local, doit voir le jour en juin. Il faut que nos maîtres d'ouvrage anticipent sinon nous allons dans le mur dès le second semestre. C'est plus de 500 emplois qui sont menacés dans certains métiers et dans nos départements les plus ruraux, et plus de 10.000 dans toute la France.