Stéphane Hareng avait déjà participé à des levées de fonds pour 11 millions d'euros en développement dans un poste précédent «mais je n'imaginais pas les difficultés à intéresser des investisseurs dans une phase d'amorçage», reconnaît-il. Vinoreco, créée le 1er avril 2010 à Pessac, près de Bordeaux, propose aux enseignes de la grande distribution un sommelier interactif sous forme de bornes en magasin - Max le sommelier© - aussi disponible par appli sur iPhone, Androïd ou tablettes et bientôt sur web. Objectif : aider le consommateur à choisir son vin où qu'il soit (dans une démarche BtoB). L'idée est née d'un dîner au restaurant, quand Yann Mondon note le nom d'un vin pour s'en souvenir.
Un service de conseil en choix de vin
Yann et Stéphane, qui travaillent tous deux depuis dix ans dans les NTIC, s'interrogent : pourquoi ne pas proposer un service de conseil en choix de vin ? Première piste : un service gratuit financé par la publicité... aussitôt abandonnée car "trop risquée". Au contraire des sodas, il n'existe pas d'acteurs majeurs susceptibles de les accompagner. En revanche, la grande distribution offre de réelles opportunités : 85% du vin est acheté en grande surface et en hard discount, le consommateur passant six minutes dans le rayon pour ressortir bredouille dans 25% des cas. Les deux associés vont avoir la chance d'être reçus par le directeur des achats liquide du groupe Carrefour qui cherche à accroître son offre de conseil dans ce secteur.
Étude de marché
Cette porte d'entrée leur permet de mener une étude terrain auprès de 400 consommateurs. Avec des résultats surprenants : 70% des personnes fréquentant ces rayons sont des femmes, 90% déclarent n'y rien connaître, 90% attendent du conseil. Sur ces bases, le travail se poursuit par le calibrage du marché : il y a en France 1.500hypermarchés, 13.000 au monde, sans compter les moyennes surfaces. Le concept est totalement novateur et pour l'heure inexploité. Les fondateurs de Vinoreco font le tour d'une douzaine de fabricants de bornes - tous en France par choix délibéré. Ils réalisent par ailleurs que les magasins se contenteront de louer les bornes. «D'où un besoin en fond de roulement important», précise Stéphane Hareng. Mais Carrefour leur donnera un coup de pouce en leur ouvrant son système d'affacturage.
Première levée de fonds de 300K€
Vient ensuite le calcul du point-mort de rentabilité en nombre de magasins. Forts de ces données chiffrées, Vinoreco implante deux premières bornes dans des Carrefour Planet de la région lyonnaise. Ils en sont aujourd'hui à 29 avec un magasin Leclerc à venir. Aidés par la pépinière qui les accueillent, Bordeaux Unitec, Stéphane Hareng et Yann Mondon soumettent aux investisseurs potentiels un business plan solide. À la clef, une première levée de 300.000 € auprès de fonds régionaux, plus 100.000 € au titre des aides régionales à la création d'entreprise et à la création d'emplois.
Se laisser déposséder de son business plan ou ne pas en maîtriser les éléments financiers sont des écueils auxquels sont parfois confrontés les créateurs d'entreprise. Les fondateurs de la SAS Vinoreco ont su parer ces risques pour boucler le tour de table.