La facture augmente. Si le chiffre définitif sera fixé fin 2025, par un arrêté ministériel, le coût global du projet d’enfouissement des déchets nucléaires, le projet Cigéo, va dépasser les 25 milliards d’euros estimés en 2016 : pour aller potentiellement jusqu’à 37,5 milliards d’euros. D’après les services de l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. L’établissement public vient en effet de livrer une évaluation permettant de consolider le dossier de chiffrage de Cigéo, ce projet visant à enfouir près de 85 000 m3 de déchets radioactifs de haute et de moyenne activité à vie longue dans le sous-sol meusien, à Bure.
Jusqu’à 9,6 milliards d’euros pour la construction
En se basant sur une durée d’exploitation de 150 ans, l’équipe de l’Agence estime que le coût global de Cigéo, sur toute la durée de vie de l’installation, incluant donc la construction, l’exploitation et la fermeture, se situe entre 26,1 et 37,5 milliards d’euros. Selon les estimations livrées par l’Andra, la construction initiale et la mise en service devraient nécessiter entre 7,9 et 9,6 milliards d’euros, un coût incluant "la conception (hors R & D), la construction des infrastructures de surface et celle des premiers quartiers de stockage, la fiscalité et les assurances", précisent les services de l’Andra.
Plus de 100 ans de maintenance avant la fermeture
À compter de sa mise en service à l’horizon 2050, le coût annuel moyen de Cigéo est estimé entre 140 et 220 millions d’euros, incluant son exploitation, les opérations de construction progressive, la maintenance sur une période d’une centaine d’années, puis son démantèlement et sa fermeture sur environ 20 ans, soit autour de l’année 2170.
Des producteurs impliqués dans le financement
Rappelant que le chiffrage du projet Cigéo est un "travail itératif", les services de l’Andra soulignent que le ministère de l’Industrie et de l’Énergie fixera le chiffrage définitif après avoir recueilli les observations de tous les principaux producteurs de déchets nucléaires, comme EDF, Orano et le CEA, mais aussi l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection.
Concrètement, ce chiffre est stratégique car il fournit aux producteurs de déchets nucléaires une référence leur permettant d’établir les provisions qu’ils doivent obligatoirement constituer afin d’abonder les fonds dédiés au financement de la gestion de leurs déchets.
1 à 2 % du coût de la production électrique d’origine nucléaire
Encadré par la loi du 28 juin 2006, le financement de Cigéo prévoit la création de deux fonds, alimentés par les producteurs de déchets nucléaires : un fonds destiné aux études de conception du projet, ainsi qu’aux opérations et travaux préalables au démarrage de la phase de construction. Un deuxième fonds est dédié à la construction, l’exploitation, la fermeture, l’entretien et la surveillance de Cigéo. Le montant alloué à ce fonds est fixé par des conventions passées entre l’Andra et les producteurs de déchets. Au final, quel que soit le budget global du projet d’enfouissement, le coût global de Cigéo devrait représenter entre 1 et 2 % du coût annuel de la production électrique d’origine nucléaire en France.