Ces derniers jours, le gouvernement de Michel Barnier se veut rassurant : les hausses d’impôts ne concerneront que les plus fortunés. Au niveau des particuliers, seuls 0,3 % des ménages seraient impactés. Et pour les entreprises, seuls 300 groupes dépassant le milliard d’euros de chiffre d’affaires seront invités à l’effort national, martèle le gouvernement à qui veut l’entendre.
"Les PME seraient également largement mises à contribution"
Sauf, qu’à l’approche de la présentation du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, plusieurs syndicats patronaux émettent de vives inquiétudes. "Les PME, de façon indirecte, seraient également largement mises à contribution", assure ainsi la CPME.
Révision des exonérations de charges sociales
En cause : la révision des exonérations de charges sociales au niveau du Smic. "Elle se traduirait par une augmentation du coût du travail de près de cinq milliards d’euros, et c’est bien toutes les entreprises qui seraient visées", estime l’organisation patronale. Son président François Asselin dénonce, au micro de France Info, "une manière un petit peu déguisée, presque même insidieuse, d’élargir l’assiette pour retrouver des marges budgétaires".
Des craintes pour les arrêts-maladie, les véhicules de fonction et l’aérien
Suppression d’un jour de carence pour réduire le coût des arrêts-maladie, hausse de la fiscalité sur les véhicules de fonction ou encore sur le transport aérien : si ces projets se concrétisent, "les grandes entreprises ne seraient pas les seules concernées", pointe du doigt la CPME. "Les impôts n’augmenteraient pas au sens sémantique du terme, mais le coût du travail augmenterait et plusieurs secteurs seraient davantage taxés", poursuit le syndicat patronal.
L’U2P demande au gouvernement de ne pas sacrifier l’apprentissage
L’Union des entreprises de proximité (U2P) s’inquiète de son côté sur les projets visant à réduire le soutien public vis-à-vis de l’apprentissage. Représentant 3,3 millions d’entreprises, l’organisation patronale présidée par Michel Picon estime que "l’effort de formation consenti par les entreprises au profit des apprentis doit être assimilé à un investissement, qui profite à l’ensemble de la collectivité nationale en ce qu’il combat le chômage". Pas question donc pour l’U2P de faire passer l’aide de 6 000 à 4 500 euros pour les entreprises qui forment un apprenti. Un point de vue partagé par Joël Fourny, président de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat, pour qui "envisager des économies sur l'apprentissage est impensable".
Une proposition patronale pour économiser un milliard d'euros
Elle demande au gouvernement que cette aide puisse être conservée pour les TPE et les PME. En supprimant l’aide pour les entreprises de plus de 250 salariés et en la maintenant pour les plus petites, l’État économiserait un milliard d’euros, assure l’U2P. L’organisation patronale invite par ailleurs le gouvernement à ne pas réduire les exonérations de charges sur le salaire des apprentis.
Abandonner les mesures impactant TPE et PME
Tout en reconnaissant "l'impérieuse nécessité de réduire les dépenses publiques", l’U2P appelle le Premier ministre à "abandonner toutes les mesures qui tendraient à créer de nouvelles charges ou contraintes sur le tissu des TPE et PME françaises". La mise en place de ces mesures "ne serait pas sans conséquence sur l’activité économique et la croissance", avertit de son côté la CPME.