Courant novembre, le conseil régional des notaires, la chambre départementale des notaires du Vaucluse et le Crédit Agricole Alpes Provence ont organisé une table ronde à l'intention des exploitants et professionnels agricoles sur le thème: transmission et installation de l'exploitation agricole. La conjoncture actuelle permet plus facilement à un exploitant de louer que d'acheter: en ce sens, le bail cessible institué pour faciliter la transmission est une solution intéressante pour l'implantation de jeunes agriculteurs. À cette occasion, Bruno Martineau, exploitant à Saint-Martin-de-Crau revient sur son parcours. «Je suis issu du milieu agricole, dans l'élevage», rappelle-t-il. Peu passionné par ce secteur, il travaille comme ouvrier agricole pendant trois ans dans l'exploitation de Fabien Malignon, à Saint-Martin-de-Crau.
20 hectares de terrain à 450.000euros
«Je le secondais, mais il n'y avait plus de perspectives de progression. J'ai donc souhaité m'installer à mon compte et je suis allé voir le Crédit Agricole. Sans apport et sans caution, ils n'ont rien voulu savoir. J'ai quitté l'exploitation et je suis allé travailler comme chauffeur dans l'entreprise NBE. Peu à peu, ma fibre commerciale a été reconnue et j'ai été propulsé commercial. Et ça a fonctionné. J'y suis resté une dizaine d'années et j'ai alors appris que Fabien Malignon souhaitait prendre sa retraite et vendait son exploitation». 20 hectares de terrain estimés à 450.000euros. «Comme je ne disposais pas des fonds nécessaires, il m'a proposé le système de la location-vente. J'ai repris tous les salariés. J'ai gardé Fabien Malignon pendant trois ans comme chef de culture et, tous les mois, je versais un loyer à fonds perdus. Au bout de trois ans, j'ai racheté au prix convenu trois ans auparavant. Les trois bilans positifs m'ont permis de constituer un apport de 20% et le Crédit Agricole m'a prêté les fonds nécessaires. En étant fermier, j'étais garanti d'être prioritaire dans la vente et les frais de notaire étaient alors réduits», détaille-t-il. Bruno Martino a ensuite modifié les productions de l'exploitation et a notamment joué la carte des industriels de l'agroalimentaire et des produits à valeur ajoutée. «Nous faisons 1,5million de salades et nous commercialisons 50% de ce volume auprès d'industriels spécialistes de la salade en sachets. Les tarifs ne sont pas très élevés mais le prix est fixe. Nous savons en début d'année combien nous rapportera ce volume de salades». Depuis cinq ans, Bruno Martino a également choisi de miser sur des fraises haut de gamme qu'il commercialise auprès de petits magasins installés sur la côte, de Marseille à Saint-Tropez. «Nous disposons également d'une clientèle suisse pour la fraise. Depuis 2012, nous nous sommes lancés sur l'asperge. Ma politique est de faire des produits haut de gamme. Dans l'agriculture, il est fini le temps où l'on produisait et où on se préoccupait ensuite de vendre. Il faut commercialiser avant de produire».
Martino
Saint-Martin de Crau Bruno Martino 4 salariés permanents et 30 à 40 saisonniers