Britexa : La crépidule devient industrielle
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Britexa : La crépidule devient industrielle

À travers la société SLP, Britexa va prochainement débuter la production industrielle de la crépidule. À Cancale, l'entreprise de négoce de Châteaulin souhaite produire 500 tonnes de chair de crépidule.

Britexa passe à la production. Spécialisée depuis 1995 sur le négoce de produits alimentaires de niches (volailles haut de gamme, pattes de canards pour l'Asie, foie gras halal...), l'entreprise de Châteaulin va concrétiser d'ici la fin avril trois ans de recherche et près d'un million d'euros d'investissement. À Cancale, l'actionnaire majoritaire de SLP, la nouvelle société constituée avec neuf partenaires, débutera à la fin du mois la production industrielle de la crépidule. Plusieurs machines, conçues par Freeze Agro Ingénierie, ont été acquises. Le décorticage sera réalisé à froid. Une tonne de crépidules donnant 100kg de chair, SLP envisage de traiter près de 5.000 tonnes de coquille pour la première année d'exploitation. Grossistes en coquillages, fabricants de plats préparés, restauration haut de gamme, GMS sont les cibles évoquées. La phase de test sur plusieurs tables étoilées a été un franc succès. «L'analyse sensorielle lui attribue un goût épicé, sucré, allant de la moule à la coquille Saint-Jacques ou l'ormeau, avec des parfums de champignon. J'ai déjà des commandes fermes pour des grandes tables. À moins de trois euros, c'est un produit approprié en période crise», précise Pierrick Clément, le dirigeant de Britexa, et président de SLP.




Nouveaux marchés

Depuis l'automne dernier, Britexa commercialise déjà le coquillage décortiqué. Longtemps considérée sur nos littoraux comme un simple envahisseur, la crépidule est en effet très appréciée en Amérique du Nord, au Chili et au Japon. Pour Britexa, qui réalise 75% de son chiffre d'affaires à l'export, c'est une opportunité pour développer son réseau commercial. «Avec nos produits, nous ne sommes pas sur des volumes. On vise clairement une clientèle spécialisée. La crépidule ne va donc pas booster notre chiffre d'affaires mais cela va nous donner un coup de main pour être présent sur de nouveaux marchés.» Au premier rang desquels, les États-Unis. Une contrepartie intéressante pour contrecarrer l'érosion inattendue de certains marchés au Moyen-Orient. Des incertitudes qui ont des conséquences: Pierrick Clément a ainsi décidé de mettre en sommeil son projet de déménagement. La crépidule sera-t-elle le coquillage anti-crise? Impossible de l'affirmer mais avec un potentiel de pêche annuel de 100.000 tonnes au large des côtes bretonnes, les professionnels concernés ont vite fait de rêver...

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