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Bretagne : Le cloud computing fait des vagues
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Bretagne : Le cloud computing fait des vagues

L’annonce par le Conseil régional de Bretagne du choix de l’opérateur pour l’hébergement d’une partie de ses données informatiques non critiques en mode cloud computing (nuage) n’en finit pas de faire parler d’elle. L’exécutif breton, présidé par le socialiste Pierrick Massiot, a en effet confié la gestion de ses données au Français Néoxia, associé à l’Américain Amazon. Et le duo prévoit de stocker les données bretonnes en Irlande. Une décision qui tombe mal dans une période où le gouvernement se fait le chantre de « l’achat français », qui plus est dans une région présidée il y a peu encore par Jean-Yves Le Drian, désormais ministre de la Défense.




« Pourquoi Amazon alors qu’on a tout sur place ? »

A Rennes, de nombreux acteurs économiques s’étonnent donc de ce choix. Le territoire compte en effet de nombreuses entreprises technologiques et héberge notamment les équipes cloud de l’opérateur Orange (à travers sa cloud factory). La capitale bretonne, et Lannion, accueillent par ailleurs le pôle de compétitivité Images & Réseaux et l’Institut de recherche technologique B-Com.
« Pourquoi avoir donc choisi Amazon alors qu’on a tout sur place ? », s’étonne un acteur du numérique rennais. Soulignant qu’au moment du lancement de l’appel d’offres, il y a deux ans,
« une seule entreprise française avait répondu », le Conseil régional de Bretagne précise que
« l’offre d’hébergement qu’elle proposait à l’époque ne répondait pas au cahier des charges. » Un argument que peuvent entendre certains chefs d’entreprises. Hugues Meili, président fondateur de la société rennaise de services du numérique Niji (450 salariés, 40 M€ de CA), est de ceux-là.




« Pas d’acteurs dans le paysage du software »
« Je suis plus effarouché par Rennes Métropole qui va chercher deux indépendants à Marseille pour leurs compétences NFC alors qu’on a ici les compétences, que par la Région Bretagne qui choisit non pas Amazon mais une petite société française qui surfe sur le cloud (Néoxia, ndlr). » Et de pointer du doigt ce qui constitue pour lui le vrai handicap de la région. « Le problème de la Bretagne c’est qu’on n’a pas d’acteurs dans le paysage du software, insiste Hugues Meili. On a des acteurs de l’électronique, de l’infrastructure technique des télécoms. Et on a des sociétés informatiques de « régie » qui vivent au crochet d’Orange. Or une grande erreur de la Bretagne a été de ne pas avoir su s’organiser pour faire venir sur son territoire des Microsoft, des Google, etc. Du coup, on n’a pas cette culture du software. On ne connaît pas le métier de l’édition logicielle. Alors plutôt que de crier haro sur cette petite affaire, pourquoi ne pas œuvrer pour que soit au contraire développé un partenariat fort avec un acteur comme Amazon ! »




> Sur la photo : Hugues Meili, président fondateur de la société rennaise Niji.

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