Invité du Club Logistique et Perspectives du Grand Rouen, le président du Parc Naturel des Boucles de la Seine Normande, Jean-Pierre Girod, a tenté de défendre un classement très contesté par les professionnels. «Une situation figée... ad vitam aeternam», «un périmètre supérieur à celui du site classé du Massif du Mont Blanc»... Les opposants au classement des Boucles de la Seine ont une nouvelle fois sonné la charge, le 8mars dernier, lors d'une réunion du Club Logistique et Perspectives du Grand Rouen organisée dans les locaux de la CCI. Face à eux, Jean-Pierre Girod, vice-président (Verts) du conseil régional de Haute-Normandie et président du Parc des Boucles de la Seine, qui se décrit volontiers comme «un homme de consensus», venu défendre une décision dont l'objectif principal reste «la protection du patrimoine».
La vallée de la Seine, une «réserve indienne»?
Pour la CCI de Rouen, pas de doutes, les risques l'emportent clairement sur les bénéfices: Le classement, dont le principal effet est «de figer le paysage» fait peser un risque sur le développement économique. En clair, «les entreprises qui voudront investir à l'avenir iront ailleurs», tranche Didier Pezier, le président de la commission politique industrielle et développement durable de la CCI. Et Jean-Pierre Girod de rappeler que si la décision de classement concerne cinq boucles de la Seine (Roumares, Marais Vernier, Brotonne, Jumièges et Anneville), «des zones d'exclusions nombreuses sont déjà prévues», citant notamment Port-Jérôme 3. Mais le message essentiel que veut faire passer l'élu est que «d'être soumis à autorisation n'équivaut pas à une interdiction!» Car voilà tout l'enjeu du problème: Le classement encadre sérieusement les implantations futures comme les opérations de réhabilitation ou de restructuration de sites. «Et pour obtenir un permis de construire, il faudra monter jusqu'au Premier ministre», ironise Walter Schoch, le président de Logistique Seine Normandie. Même son de cloche du côté de l'UPR (Union Portuaire Rouennaise) où Pierre-Marie Hébert dénonce «une approche dangereuse» qui conduit à cantonner les entreprises déjà présentes «dans une réserve indienne!». Au final, pour le directeur de l'UPR, il est urgent d'attendre: Attendre de voir, notamment, les effets du classement de la boucle de Roumares (le dossier le plus engagé à l'heure actuelle) «avant de classer le reste»!
G.D.