Du 18 au 21 novembre, Aqualux se rendra au salon de la piscine de Lyon dans une nouvelle configuration : associé à la société allemande familiale Chemoform, le spécialiste des équipements, produits et accessoires pour piscines, décuple ses ambitions. Conclu en juin, officialisé en septembre, le rapprochement d'Aqualux avec le groupe allemand Chemoform, l'un des leaders européens du traitement d'eau et des produits pour piscines et spas, plonge la société familiale de Saint-Rémy-de-Provence dans un bassin d'une autre dimension. En 2013, elle enregistrait un chiffre d'affaires de 16 millions d'euros. Avec son partenaire de Wendlingen, au sud de Stuttgart, elle constitue un ensemble de 450 collaborateurs dans quinze pays pour un chiffre d'affaires consolidé supérieur à 100 millions d'euros. Après six années de réorganisation qui lui ont permis de sortir la tête de l'eau, Aqualux bout à nouveau de projets.
Décennie mouvementée
Ces dix dernières années, le groupe fondé et dirigé par Francis et Liliane Guillot a connu de nombreux bouleversements. Fin 2004, le fabricant d'équipements, produits et accessoires pour piscines frôlait les 50 millions d'euros après une canicule de 2003 qui lui avait valu de battre des records d'activité. Il investit à Saint-Rémy, mais en 2007, un incendie ravage une partie des locaux. Il rebondit. La crise de 2008 le frappe alors de plein fouet avec l'annulation d'une commande conséquente. Dès janvier 2009, il se place en procédure de sauvegarde pour tenter de préserver au mieux l'activité et les intérêts des créanciers, salariés, clients et actionnaires. Francis et Liliane Guillot décident de passer progressivement la main à leur fils, Sébastien, pour se consacrer à leurs missions respectives de président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Pays d'Arles, et de secrétaire nationale de la fédération des "Femmes Chefs d'entreprises de France". Ils restent cependant au conseil de surveillance. D'abord directeur adjoint, le jeune Polytechnicien, passé chez PSA et Rolex, devient président du directoire en 2010. En trois ans, il coupe les sources de coûts, rationalise les activités en se séparant du négoce, se résout à deux plans sociaux et réussit, après six exercices déficitaires, à renouer, en 2013, avec la croissance (4 %). La création d'une holding commune avec Chemoform (51 % pour l'Allemand, 49 % pour le Provençal) offre à la société un nouveau tremplin. Francis Guillot perçoit ce choix sans amertume. « Nous souhaitions que Sébastien apporte sa vision à Aqualux pour la redynamiser et assurer son rayonnement dans un contexte économique très différent de celui que nous avons connu. Chacun bénéficiera de ce que l'autre a de mieux à offrir. L'emploi y gagnera ».
Ensemble dans le grand bain
Rares sont en effet les rapprochements entre entités aussi complémentaires. Chemoform est présidée par Cedrik Mayer-Klenk, successeur de son père, Gerhard. Elle dispose d'implantations en Europe du Nord et de l'Est alors qu'Aqualux sert l'Europe du Sud et la Méditerranée. Ses gammes sont principalement constituées de produits chimiques, moins d'équipements pour piscines. Aqualux, c'est le contraire. Et elle a dû aussi se réorganiser ces dernières années pour devenir leader sur son marché. « J'ai rencontré Cédrik en 2009 et le contact est passé immédiatement, explique Sébastien Guillot. Nous avons d'abord noué des accords croisés commerciaux. Certains produits de Chemoform sont d'ailleurs proposés dans notre catalogue 2014. Maintenant, nous formons un groupe industriel et familial avec des valeurs communes ». La montée en puissance s'effectuera par paliers. « Sur une échelle de 0 à 10, nous sommes aujourd'hui à 1-2. En 2015, nous atteindrons 5, avec la mise en oeuvre de projets qui nous porteront à 9-10 vers 2016-2017. Chaque entreprise devra respecter ses objectifs sur ses domaines de compétences », résume-t-il. En octobre, Chemoform et Aqualux ont fait stand commun sur le salon international Interbad à Stuttgart. En novembre, elles se rendront au salon de Lyon. Et en 2015, elles lanceront de nouveaux produits à l'occasion des Journées des Collections Jardins, à Marseille. Grâce à Chemoform, Aqualux va pouvoir investir le secteur des jardins aquatiques et bassins d'ornements afin de désaisonnaliser ses productions et revenir en force sur les spas, saunas et hammams. Cedrik Mayer-Klenk s'avoue convaincu que « la mise en commun des savoir-faire construira des solutions performantes répondant aux besoins de nos marchés ».
Le nouvel ensemble constitué par Aqualux et Chemoform, représente un chiffre d'affaires consolidé de plus de 100 M€ pour 450 collaborateurs implantés dans 15 pays. Détails...