Bordeaux Maritime : Pas à pas pour changer les habitudes
# Conjoncture

Bordeaux Maritime : Pas à pas pour changer les habitudes

Le club des entreprises Bordeaux Maritime qui regroupe 145 entreprises, tente l'aventure d'un Plan de déplacements Entreprise à Bordeaux-Lac pour inciter les salariés à recourir aux transports alternatifs.

Le club des entreprises Bordeaux Maritime, qui rassemble aujourd'hui 18.000 salariés, fait figure de pionnier. Dès 2008, pour inciter les salariés des entreprises adhérentes au club à abandonner la voiture, il négocie avec Keolis, l'opérateur de transports en commun de la Cub, une réduction de 30% sur les abonnements tram et bus. Un succès total puisqu'aujourd'hui 1.400 abonnés en bénéficient. Le club Bordeaux Maritime est le second client de Keolis après le CHU de Pellegrin. «Sur toute la zone, du Parc des expositions de Bordeaux Lac aux Chartrons, un des soucis a toujours été les conditions de circulation pour les salariés de la zone mais aussi les clients. Les entreprises se posent des questions sur les conditions d'accès avec la rocade saturée et tous les travaux en cours: logements Ginko, réhabilitation des bassins à flot, pont Bacalan-Bastide et bientôt le Grand stade», note André Reix, vice président du club chargé de l'atelier développement durable.




1ere étape: un diagnostic

Fort de ces premières démarches entreprises dès 2008, il y a deux ans, le club est encouragé par Émilie Aumont, conseil en mobilité locale travaillant à la Cub, à sauter le pas pour mettre en place un Plan de déplacements Entreprise (PDE). «La priorité est d'établir un diagnostic pour savoir où habitent les salariés, quels sont leurs modes de déplacement, d'où viennent également les clients et enfin voir les améliorations possibles», explique André Reix. Le club s'attelle dès lors à la rédaction d'un cahier des charges envoyé à plusieurs sociétés de consultants spécialisées en PDE.




3.400 salariés au moins concernés

«Ensuite, il a fallu dépouiller les offres et choisir un candidat, en l'occurrence la société Indigo. Ca paraît simple à dire mais dans les faits, c'est un sacré boulot pour notre club qui fonctionne avec une seule salariée et beaucoup de bénévolat. Toutes ces démarches sont très chronophages. Heureusement, au sein du comité de pilotage, nous avons été fortement aidés par l'Ademe et la Cub». Le club n'a pas compté ses heures non plus pour monter les dossiers de subventions afin de financer ce diagnostic à 40.000?. «Au final, l'Ademe devrait nous aider à hauteur de 20.000?. La Cub, la CCI et le club interviennent chacun également à hauteur de 5.000?. Chaque entreprise impliquée dans le PDE ou souhaitant l'intégrer ajoute 1000 ?».





Ce PDE, limité sur la zone de Bordeaux Lac, notamment autour de l'avenue de la Jallère où il y a une unité territoriale, dispose ainsi d'un noyau dur d'entreprises prêtes à participer à l'aventure, notamment la CARSAT, Domo France, Groupama, la Caisse des Dépôts et la CAF, soit un total de 3.400 salariés. À chacune de s'impliquer pour fournir des informations au consultant qui devrait démarrer l'étude début 2012 et dresser une cartographie des lieux d'habitation des salariés et des flux de la clientèle. «Suite à cette étude qui devrait durer un an, on passera à l'action en mettant en place un système de covoiturage, de taxis groupés, d'auto-libre service... Ces données précises, estampillées Ademe-Cub vont être aussi un outil fiable pour plaider auprès des financeurs publics la création de telle ou telle ligne Citram, de TER, de bus, tel arrêt de tram, l'amélioration des pistes cyclables... et pour que les infrastructures s'adaptent aux besoins. La démarche n'est pas simple. Changer ses habitudes de déplacement, c'est aussi dur que d'arrêter de fumer. On sait que suite à un PDE, si 7% des salariés changent leurs habitudes, c'est bien. 10%, c'est un succès», explique André Reix, qui se dit prêt en 2014 à lancer un second PDE sur la zone commerciale du Lac.

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