Bordeaux : Les chefs d’entreprise expriment leur ras-le-bol

Bordeaux : Les chefs d’entreprise expriment leur ras-le-bol

Représentants des organisations patronales territoriales et chefs d’entreprise ont tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse qui s’est tenu à Bordeaux, ce mardi 2 décembre.

A Bordeaux, c’est par la parole, et non dans la rue, que les chefs d’entreprise veulent convaincre. Dans le cadre de la semaine nationale de mobilisation des chefs d’entreprise, plus d’une centaine de dirigeants se sont pressés dans la salle de conférence de la Cité Mondiale, pour protester et témoigner. Gérants de société de travaux publics, de TPE de conseils, artisans menuisier, agents immobiliers, dirigeante d’auto-école…Tous avaient leur mot à dire : « Les lois sont taillées pour les multinationales. Quant on est une TPE, ce n’est pas normal d’avoir recours à des experts extérieurs pour établir des contrats de travail ou régler des points fiscaux » s’indignent les uns. « La loi Hamon, qui veut que le salarié soit informé deux mois à l’avance d’une cession d’entreprise est une ineptie alors que dans le cas d’une transmission d’entreprise, ce genre d’information ne doit surtout pas être éventé » martèle un dirigeant tandis qu’un artisan s’exaspère de la complexité des démarches administratives : « Les TPE, on est fait pour travailler, pas pour gratter du papier... »

Un rassemblement exceptionnellement unitaire
Réunies dans le cadre de cette mobilisation nationale, les représentants des organisations patronales (1) territoriales n’ont, de même, pas mâché leurs mots. Jean-François Clédel, Président du MEDEF Gironde, lui, a pointé l’une des revendications majeures du monde de l’entreprise : la baisse de la pression fiscale. « Ce que nous observons depuis quatre ans, c’est une augmentation des charges de 30 milliards d’euros, qui se traduit pour nos entreprises par les marges les plus faibles d’Europe, par 120.000 défaillances d’entreprises en deux ans…Le pacte de responsabilité, les 40 milliards d’allégements de charges prévus par le gouvernement sont des promesses à concrétiser rapidement. En attendant des entreprises meurent ».

« Il y a le feu dans la maison »
Représentant les PTE/et PME, Serge Marcillaud, Président de la CGPME Gironde et Aquitaine, dénonce, lui, les carnets de commande qui s’effondrent, les marges en baisse depuis 2010 et le recul des investissements. « Il y a le feu dans la maison. Le silence de la part de l’Etat est assourdissant. On nous donne des leçons pour embaucher, mais on ne décrète pas de l’emploi. Il faut des commandes pour cela ».Tous réclament de même la suspension du compte individuel de pénibilité jugée comme une véritable « usine à gaz » alors que « d’ores et déjà des mesures de prévention sont prises dans les entreprises », plus de souplesse sur les temps partiels et grognent vertement sur les « réglementations tatillonnes et absurdes » qui complexifient le quotidien des entreprises.
Reçue à 17h par le préfet de Gironde, cette délégation patronale- bien que peu optimiste sur l’impact de la rencontre-, espère avant tout que le message sera transmis à Paris pour « mieux rendre compte de l’état d’esprit de nos adhérents » et enfin « être entendus ».

(1) MEDEF, Union professionnelle artisanale (UPA), Confédération générale des Petits et moyennes Entreprises (CGPME), Fédération régionale des Travaux Public (FRTP), Union des Industries des métiers et de la métallurgie (UIMM), Fédération Française du Bâtiment (FFB), Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM), Union des entreprises de transport de logistique (TLF), professionnels de l’automobile (CNPA) et de l’immobilier (UNIS).