15 licenciements. La crise a lourdement marqué le site ligérien du groupe anglais Bodycote. Implanté à La Talaudière, celui-ci n'a néanmoins pas baissé les bras et réussit aujourd'hui un joli coup grâce à une usine entièrement repensée et à un positionnement plus porteur.
Changement de culture
«L'usine de la Talaudière a été créée en 1988 pour faire de la production de masse pour l'automobile», raconte Yvan Corre, le directeur. En 2008/2009, à l'instar de nombre de ses concurrents, le site doit arrêter une bonne partie de ses lignes de production et licencier du personnel. «Bodycote avait racheté, en 2007, l'entreprise Nitruvid à Fraisses. Nitruvid faisait aussi du traitement thermique mais pour des niches comme le médical ou l'énergie», poursuit Yvan Corre. «À ce moment-là, nous nous sommes battus pour le site de la Talaudière. Nous avons été entendus». Nitruvid et ses 10 salariés sont ainsi rapatriés sur Bodycote. Le groupe anglais choisit de miser sur la région et injecte 1,5M€ dans le site. Nouveau matériel, usine rénovée..., Bodycote a su s'offrir une belle vitrine. Mais pas seulement. Car le site Talaudiérois, l'un des plus gros du groupe, a repensé sa stratégie pour s'ouvrir de nouvelles portes. Du traitement thermique de masse pour l'automobile, il a basculé vers des pièces à plus forte valeur ajoutée pour des secteurs variés (automobile toujours mais aussi énergie, médical, outillage, aéronautique, électronique...). Mais toujours avec une cible prioritaire: les entreprises locales, pour les produits techniques et les traitements plus communs. «Cela a été un vrai challenge de mélanger la culture de Bodycote et de Nitruvid. Les habitudes de la grande et petite série ne sont pas du tout les mêmes...», sourit Yvan Corre. «Nous avons même un atelier qui produit moins de 20kg de pièces par mois, c'est du jamais vu ici!». Créé dans l'élan de cette nouvelle dynamique, l'atelier en question expérimente, en partenariat avec le CNRS de Grenoble, un nouveau procédé de traitement à température ambiante permettant de travailler des matériaux autres que le métal. En évaluation commerciale, ce procédé à faisceau pourrait avoir d'énormes débouchés. En attendant, Yvan Corre table sur un chiffre d'affaires de l'ordre de 5M€ en 2012, contre 4M€ (Bodycote+Nitruvid) en 2009.
Bodycote
(La Talaudière) Directeur d'usine: Yvan Corre CA 2011: 4.5M€ 30 salariés Tél.: 04.77.47.69.20 @email