Transformer déchets gras (huiles végétales, graisses animales), fermentescibles (lisiers, litière de volaille,etc.) ou secs (bois, paille, sciure) en électricité revendue ensuite - comme pour le photovoltaïque - à EDF: c'est aujourd'hui possible grâce à plusieurs techniques de valorisation. Pourtant, le marché français n'en est qu'à ses balbutiements. La faute à des prix de rachat douze fois moins attractifs que pour le photovoltaïque.
Choix politiques
«Des choix politiques ont été faits et certains lobbies ont pesé lourd dans la balance. Certains gros industriels de l'agroalimentaire ont eu peur de voir le prix de leurs matières augmenter, leurs fournisseurs arguant que celles-ci pouvaient être à l'origine de nouvelles sources de revenus. Et puis les équarrisseurs ont aussi pesé, de peur de perdre leurs budgets d'enlèvement des déchets» regrette un observateur du marché. Du coup, la France se retrouve aujourd'hui en retard par rapport au voisin italien sur le dossier de l'électricité produite par la biomasse.
Subventions
Pour autant, faut-il bouder le processus? Dans certaines régions, non, car des conseils régionaux peuvent subventionner jusqu'à 40% du budget nécessaire à l'installation d'une technologie électrique utilisant la biomasse. «Dans de tels cas, certaines installations peuvent offrir un retour sur investissement en cinq ans», estime Anthony Kerihuel, créateur de S3D, une entreprise de 17 personnes spécialisée dans la valorisation énergétique de la biomasse. Autre facteur d'attractivité? Le traitement sur site des déchets permet de se libérer des charges liées à leur enlèvement. Un coût qui peut monter jusqu'à 150 € la tonne en fonction de la nature du déchet enlevé. Enfin, les technologies utilisant la biomasse permettent aussi de produire de la chaleur, directement injectée dans le système de chauffage de l'entreprise utilisatrice. De quoi là aussi réduire les charges.
Se créer de nouveaux revenus en revendant de l'électricité produite à partir de déchets organiques, c'est techniquement faisable. Mais le marché français n'en est qu'à ses balbutiements en raison de tarifs d'achats peu attractifs.