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Biogroupe se relance grâce à la grande distribution
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Biogroupe se relance grâce à la grande distribution

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Le fabricant de boissons fermentées bio Biogroupe, pénalisé ces deux dernières années par les difficultés de la distribution spécialisée dans le bio, rebondit fortement grâce à son travail de référencement auprès de la GMS, couronné de succès. La reprise des ventes dans les réseaux de distribution bio et le développement de l’export expliquent également le rebond.

Laurent Coulloumme-Labarthe, dirigeant-fondateur de Biogroupe, a sorti un livre retraçant son parcours, titré Les Collines Vertes — Photo : Matthieu Leman

Voir son chiffre d’affaires progresser de deux millions d’euros quand il s’élève à un peu plus de 10 millions d’euros, on appelle ça une performance solide, même en période d’inflation. C’est la prouesse qu’a accomplie Biogroupe en 2023. Le fabricant costarmoricain de boissons fermentées (kombucha, kéfir de fruit et ginger beer), qui en revendique la première place en France, et de desserts lactés, le tout équitables et bio, avait - il est vrai souffert — les deux années précédentes. En cause, sa distribution majoritairement réalisée via le réseau des magasins bio.

Une force commerciale triplée

Pour rebondir, Biogroupe, PME basée à Erquy (Côtes-d’Armor), a mis les moyens dans sa force commerciale, passée de 7 à 21 personnes à l’été 2023. Objectif : développer ses ventes en GMS. "Ces efforts ont porté leurs fruits puisque, si nous étions déjà dans le réseau Monoprix depuis 2021, nos produits sont présents au niveau national chez Super U depuis 2023 et Carrefour, Auchan et Franprix depuis cette année", se félicite Laurent Coulloumme-Labarthe, qui dirige la PME qu’il a créée en 2010 avec son épouse. "Et des tests régionaux sont réalisés chez Leclerc et Intermarché."

Travail sur l’international

Ces référencements supplémentaires, sous la marque Karma (alors que les ventes en réseau bio se réalisent sous la marque Ucha) ne sont pas la seule raison de la progression de l’activité de l’entreprise. Biogroupe a augmenté ses ventes à l’international de 25 % en 2023. Elle a créé le 1er janvier 2024 une filiale, Biogroupe UK, en Angleterre, l’un de ses principaux marchés. Elle espère augmenter d’un million d’euros dans les deux ans son activité dans ce pays. Avec notamment le Bénélux et l’Italie, ses autres gros marchés, l’export représentant 20 % de son chiffre d’affaires.

Enfin, le rebond de Biogroupe est aussi lié à celui du réseau bio, où les ventes de kombucha sont en progression de 40 % depuis le début de l’année. "Nous n’avons jamais lâché pendant la crise, restant fidèle à ce réseau pendant la tempête, en maintenant notre force commerciale et marketing et en baissant les prix de certains produits", souligne l’entrepreneur.

Des ventes en progression de 50 %

Les lancements d’un kombucha sans sucre, en avril 2024, qui pourrait représenter à terme 20 à 25 % des ventes, et d’une ginger beer en canette (qui en a augmenté les ventes de 300 %) ont également participé à la reprise. La PME adresse également le marché des Cafés Hôtels Restaurants, et compte le développer. Ainsi, au total, et tous réseaux confondus, les ventes de Biogroupe progressent encore de 50 % sur un an au premier trimestre 2024.

"Nous tenions à maintenir notre engagement de payer nos 74 salariés au moins 25 % au-dessus du Smic."

Pour sortir des deux années précédentes de "très fortes turbulences", Laurent Coulloumme-Labarthe et les autres membres du Codir de la PME, ont baissé "de manière significative" leur salaire. "Nous tenions à maintenir notre engagement de payer nos 74 salariés au moins 25 % au-dessus du Smic", témoigne le dirigeant et auteur du livre "Les Collines Vertes", dont les bénéfices sont versés à la fondation Terre de Demain, qu’il a créé cette année. La structure mène des actions d’éducation environnementale, notamment de reforestation en France et à l’étranger.

Soutien des producteurs

Ces valeurs RSE représentent la colonne vertébrale de l’entreprise costarmoricaine, qui possède sept sites, de production et de stockage, à Erquy. Biogroupe a mis en place sept filières équitables auprès de producteurs de Gingembre au Pérou, par exemple, de lait de coco au Sri Lanka ou de mangue en Inde. "Nous avons fait récemment, Thibault Bernard le directeur des opérations de Biogroupe et moi-même, le tour des producteurs des filières pour voir comment utiliser au mieux les primes équitables", raconte Laurent Coulloumme-Labarthe. Notamment en consacrant cet argent à l’achat de médicaments pour les salariés au Pérou, qui se trouvaient dans une zone reculée sans pharmacie, ou en achetant du riz pour les cultivateurs sri lankais, fortement impactés par une inflation record. Des décisions prises en concertation avec les entreprises et leurs travailleurs.

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