Il y avait un grand absent en cette veille de la fête du Travail à La Janais : Philippe Bonnin, le maire de Chartres-de-Bretagne, commune sur laquelle se situe l'usine PSA. Pas invité. Écarté politiquement même par sa famille de gauche, Philippe Bonnin paye pour sa liberté de ton, lui qui a toujours dénoncé une usine en perte de vitesse ces dernières années, allant même jusqu'à annoncer sa fermeture programmée ! Fin 2014, l'élu aux premières loges faisait les comptes sur son blog : "Les usines Peugeot Citroën de Chartres de Bretagne sont passées de 12.000 salariés en 2005 à 6.800 en 2010 et 4.600, tout au plus à cette date. En effet, l’effectif serait proche de 3.000 avec les détachements, les congés séniors et le chômage partiel." Philippe Bonnin dérange. Au conseil général renouvelé récemment, il est mis au placard, sans délégation et perdant même l'économie. Pourtant ses calculs sont légitimes, tout comme on peut s'interroger sur le niveau des investissements et aides de PSA pour La Janais, toujours en attente d'un nouveau véhicule au-delà du projet "P87", la remplaçante de la 5008 (2016-2017). Pour la nouvelle plateforme carrosserie Excelcar, d'aucuns feront ce calcul : 2 millions d'euros investis par an sur trois ans, au regard des 2,7 milliards d'investissements du groupe, c'est une goutte d'eau de 0,001% dans un océan alimenté par ailleurs de liquidités publiques, notamment pour la formation et la reconversion des personnels. Pourquoi pas Excelcar plus tôt d'ailleurs ? Notre question embarrasse mais à la décharge de PSA, moteur sur Excelcar il faut le dire, c'est le temps de mettre tout le monde autour de la même table d'intérêts communs. Et puis, avant Excelcar, il y avait déjà en préfiguration le projet 3DMat, axé sur le prototypage numérique...
Sur toute La Janais, combien d'argent public déjà dépensé pour maintenir cet outil ? Combien encore demain pour acquérir des terrains que PSA pourrait bien offrir pour l'euro symbolique non ? Non, les élus négocient encore et toujours. On apprend par voie de communiqué conjoint Région-Département-Métropole que "le dialogue est constant, en vue de valider un accord durable qui assure la pérennité du site de La Janais au-delà du programme P87, et qui, par voie de conséquence, consolide l'emploi." Donc toujours pas d'accord trouvé. En faut-il un d'ailleurs ? Accord signifie contreparties, concessions... Les collectivités territoriales, avec l'État, se disent une nouvelle fois "prêtes à mobiliser des moyens financiers. Les échanges intervenus ont permis d'aborder la question du foncier, du soutien aux investissements productifs et de la formation des personnels, avec l'objectif, en corollaire, d'engagements du Groupe PSA en termes d'emplois et de plan de charge. Aujourd'hui, à l'issue d'une rencontre avec Carlos Tavarès, le travail se poursuit en vue d'un accord équilibré qui garantisse compétitivité du site, potentiel de recherche et développement, et capacité de rebond pour le site." Négocier dans l'ombre, encore et toujours...