«Nous ne vendons que du chiffon. Dans l'esprit collectif, le chiffon ne vaut rien, c'est un produit à très basse valeur ajoutée. J'ai choisi de garder une main-d'oeuvre française, il fallait trouver une solution pour la rentabiliser», insiste le dirigeant de Blanchisserie industrielle du centre, Michel Kekayas. Le métier de BIC est celui, basique, de chiffonnier. L'entreprise récupère des rebuts textiles issus essentiellement de blanchisseries (hôpitaux, hôtels...) pour les transformer en produits d'essuyage. En chiffons en clair! Ceux-ci sont ensuite commercialisés auprès de grands donneurs d'ordre, de grossistes...
Objectif: 50% du CA
L'idée est venue de son fils, Guillaume. «Nous avons marketé nos chiffons en créant des produits standardisés avec une marque dédiée», détaille Michel Kekayas. Eko-Tex a ainsi été lancée il y a quelques mois. Le principe: les textiles sont découpés à l'emporte-pièce, selon des tailles prédéfinies. «Le client choisit sa gamme. Il a toujours la même qualité, la même taille. Il n'a plus l'impression d'utiliser un T-shirt ou une vieille chemise. Cela donne énormément de valeur à nos produits». Cette standardisation s'est accompagnée de la mise en place de services. «Nous fournissons une mobil box avec des produits propres, on récupère les chiffons sales. Ces déchets sont ensuite brûlés par cogénération pour produire de l'énergie. Au final, nous avons un produit avec un bilan environnemental positif», sourit le patron de BIC, très fier de l'engagement de son entreprise en faveur du développement durable. Cette nouvelle marque représente actuellement 10% du chiffre d'affaires, avec 6 emplois créés depuis le mois de septembre dernier. «À moyen terme, je souhaiterais que cette nouvelle marque représente 50% de notre chiffre d'affaires avec la création d'une dizaine d'emplois supplémentaires. Elle donne beaucoup de valeur ajoutée à nos produits, ce qui nous permet de mieux rentabiliser notre main-d'oeuvre». BIC semble avoir choisi la bonne direction.
Gros marché national
En effet, cette proportion de 10% du chiffre d'affaires devrait d'ores et déjà doubler dans les prochaines semaines. Blanchisserie industrielle du centre est sur le point de remporter un très gros marché national. Le marché ne lui ayant pas encore été notifié, à l'heure où nous écrivons ces lignes, nous tairons le nom de ce fameux client mais nous pouvons indiquer qu'il s'agit d'une très importante entreprise nationale. Pour faire face à ce surcroît de production, Michel Kekayas devra investir 200.000euros dans du matériel et acquérir un nouveau bâtiment de 1.300m² attenant à ses établissements de Saint-Chamond. Dans un deuxième temps, un investissement sera également consenti dans du matériel de découpe automatisé.
BIC
(Saint-Chamond) Dirigeant: Michel Kekayas Effectif: 43 salariés CA 2011: 6millions d'euros 04 77 22 25 77 www.cobic.fr