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Bertrand Vergne, PDG d’Octopus Biosafety : "Notre rapprochement avec Taw nous redonne de la confiance"
Interview Morbihan # Industrie # Fusion-acquisition

Bertrand Vergne PDG d’Octopus Biosafety "Notre rapprochement avec Taw nous redonne de la confiance"

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Reprise par le groupe américain Taw, spécialisé dans les robots de nettoyage industriel, l’entreprise morbihannaise Octopus Biosafety entend rebondir en commercialisant les produits de cet acteur mondial tout en poursuivant sur la mise au point de robots avicoles.

Les robots de nettoyage industriels de Taw sont les seuls au monde à être autonomes — Photo : Octopus Taw

Qu’est-ce qui a conduit le groupe américain Taw à reprendre Octopus Biosafety, qui était en redressement judiciaire ?

J’ai échangé avec le dirigeant de Taw, une entreprise américaine d’une vingtaine de salariés qui fabrique des robots d’entretien industriel. Nous nous connaissions un peu pour avoir collaboré ensemble sur des robots de désinfection en 2021. Taw souhaitait grandir pour accélérer sa croissance. Nous cochions plusieurs cases que l’entreprise avait identifiées. La première est que nous sommes cotés en Bourse, sur Euronext Paris. La seconde est que nous fabriquons des robots pour le secteur agricole. C’est un domaine qui les intéresse et ils recherchaient une structure qui leur permette de développer leurs activités en France et en Europe. Actuellement, nous sommes en plan de redressement. L’effectif a été redimensionné à trois personnes (NDLR versus 14 en 2023) et nous restons basés à Auray. Ce rapprochement nous donne de la confiance.

Quelles sont vos perspectives commerciales désormais ?

Taw va commercialiser nos robots avicoles aux États-Unis, au Canada et en Amérique Centrale. De notre côté, nous allons commercialiser la gamme de robotiques de nettoyage de Taw en France et en Europe. Nous nous ouvrons de belles opportunités dans l’Ouest avec la signature d’un contrat-cadre avec le réseau Aproliance qui fédère des entreprises de nettoyage, d’hygiène et de service. Nous avons aussi de belles perspectives avec de grands acteurs du nettoyage en France.

Par ailleurs, le Fablab Excelcar, implanté au sein de l’usine de la Janais, près de Rennes, met en démonstration un de nos robots. Nos robots séduisent déjà dans les domaines de l’industrie et des entrepôts logistiques.

À cela va s’ajouter une nouvelle génération de robots avicoles que développe Taw, via l’unité de fabrication dont elle dispose à Trappes.

Et pour cela, nous allons nous appuyer sur l’international en plus des marchés que j’ai précédemment cités. L’export est un marché plus mature sur ces technologies et il doit nous permettre d’aller plus vite.

Nous ciblons le Moyen-Orient, le Canada et les États-Unis. Ce sont des marchés porteurs

Quels sont vos objectifs de retour à l’équilibre pour Octopus ?

Nous sommes sur du temps court. Il faut un retournement rapide. Nous avons six mois pour atteindre le point mort.

Ma difficulté (NDLR : Octopus Biosafety réalisait 52 300 euros de CA et essuyait une perte nette de 659 000 euros), qui a conduit au redressement judiciaire, est venue du fait que je n’ai pas réussi à boucler le financement pour notre robot avicole. Opter pour le redressement judiciaire est un acte courageux. C’est une étape difficile, parfois douloureuse, mais elle était nécessaire pour préparer l’avenir. Nous avons procédé à une recapitalisation de 7 millions d’euros. Notre dette est étalée sur cinq ans avec une volonté de la solder rapidement. Sur un plan opérationnel, nos collaborations avec Taw vont aussi nous permettre de poursuivre les innovations lancées. C’est déjà le cas, nous apportons une expertise liée aux logiciels et Taw une parfaite connaissance de la mécanique. Nous ambitionnons, à terme, de faire de notre site d’Auray, un site de production.

Morbihan # Industrie # Logistique # Propreté # Fusion-acquisition # International # TPE # PME