Depuis qu'elle est présidente de l'Afuzi, la réputation de Bernadette Campenio a largement dépassé les frontières de sa zone industrielle. Jusqu'à Saint-Raphaël, des chefs d'entreprises ont entendu parler de sa détermination, de cette femme «qui ne lâche rien». Travailleuse, cela va sans dire, passionnée, certainement, investie dans tout ce qu'elle entreprend... Des adjectifs qui vont comme un gant à Bernadette Campenio, devenue entrepreneuse très jeune par la force des choses, et qui s'est forgée au fil des ans l'image d'une combattante qui lui colle désormais à la peau.
Rebelle dans l'âme
Un trait de caractère cultivé dès le plus jeune âge: «Haute comme trois pommes, j'étais déjà une rebelle». Pour l'anecdote, elle se souvient d'ailleurs que lors de sa scolarité, elle était bonne élève, mais peu disciplinée, «ce qui m'a toujours empêché de décrocher la croix d'honneur». Précoce dans la combativité, elle l'est aussi dans le travail et sa vie personnelle. Dès l'âge de 17 ans, elle a voulu gagner sa vie et devient secrétaire du président de la CCI de Saint-Dié, dans les Vosges. Un an plus tard, elle devient responsable de la facturation au sein de la papeterie les Chatelles, qu'elle apprend à connaître sur le bout des doigts: «Très curieuse, dès mon arrivée dans cette nouvelle entreprise, je me suis d'abord attachée à découvrir le métier, à arpenter les couloirs de l'usine», explique-t-elle.
Avancer coûte que coûte
À 21 ans, elle se marie et épouse par la même occasion le monde du camion. Quelques années plus tard et déjà mère de deux enfants, les aléas de la vie la propulsent à la tête de l'entreprise et elle prend conscience que sans son personnel, un patron n'est pas grand chose: «J'ai toujours tout partagé avec mes salariés. Nous étions tous soudés et nous nous en sommes toujours sortis», raconte-t-elle. Ces épreuves, elle confie aussi les relever avec une sacrée dose de bonne humeur: «Avec l'enthousiasme, on peut déplacer des montagnes». Au début des années 70, le destin l'amène dans le Var, où elle poursuit son aventure entrepreneuriale dans le monde du camion. Elle lui réserve aussi de nouvelles épreuves, mais Bernadette Campenio aime les challenges: «Quand tout ronronne, je m'ennuie. Et quand je m'ennuie, je perds le moral». Et, elle constate finalement que «la vie est bien faite. A chaque nouveau pallier qu'elle nous offre de franchir, on peut trouver des raisons d'être heureux. La vie est une belle aventure et les gens ont tendance à l'oublier».
«Madame sans gêne»
Tout en développant l'entreprise qu'elle dirige alors avec son mari, Tony Campenio, elle découvre l'engagement associatif au sein de l'Afuzi et en prend la présidence en 1986. «Dès lors, je me suis attachée à faire mon trou et je deviens très vite la madame sans gêne». Une vocation qu'elle assume volontiers car si «on n'est pas connu, on ne peut pas avancer», remarque-t-elle. Soucieuse de créer pour les générations suivantes une certaine harmonie, elle ne ménage donc pas ses efforts. Elle porte sans relâche la voix des dirigeants d'entreprises de la zone d'entreprise de Toulon-Est et obtient des avancées importantes auprès des politiques. «Je n'ai jamais fait de personnalisation de l'Afuzi. Tout ce que j'ai entrepris, c'était pour la collectivité, pour permettre à tous de voir leurs terrains, leurs entreprises prendre de la valeur et je crois que nous avons aujourd'hui réussi à créer une zone où nous sommes bien». Sa succession étant préparée depuis longtemps à l'Afuzi - «Au sein de l'association, comme dans mon entreprise, je me suis toujours bien entourée pour que la continuité soit assurée dans n'importe quel cas» - elle souhaite prochainement céder sa place. «Sortie du bain de l'entreprise, je ne me sens plus en mesure de projeter l'association dans le monde du futur».
Haute comme trois pommes, Bernadette Campenio était déjà une rebelle. Devenue une femme qui ne lâche rien, sa combativité à la tête de l'Afuzi a fait le tour du département. Arrivée à un nouveau tournant de sa vie, elle transmettra prochainement le flambeau.
Hélène Lascols