Comment l’association des Transmusicales fonctionne-t-elle pour porter cet événement chaque année ?
Béatrice Macé : Nous fonctionnons comme une véritable entreprise. Je me considère moi-même comme une actrice culturelle et une cheffe d’entreprise. Nous fonctionnons avec un budget global de 4,7 M€. Le festival représente 3,4 M€ et le reste est dédié à la salle de l’UBU à Rennes, que nous gérons également. L’association emploie une équipe de 38 ETP, dont 20 CDI ainsi que des CDD au régime général et de l’intermittence. L’activité est très liée aux saisons : à partir du mois de mars, on lance la préproduction du festival, puis de septembre à décembre, c’est le lancement de la production du festival et celui de la salle de l’UBU. Depuis début octobre, le rythme s’est accéléré : en ce moment, nous sommes 44 personnes, dont des stagiaires, à travailler dans les locaux !
De quelle manière les entreprises du territoire sont-elles impliquées dans cet événement ?
B. M. : Nous proposons tout d’abord la location d’emplacements à des entreprises locales afin qu’elles puissent organiser des soirées, par exemple. Le fonctionnement du festival comprend aussi une partie dédiée au sponsoring. Il existe également une partie liée au mécénat à laquelle des entreprises du territoire prennent part. Les mécènes le sont parfois en compétences : pour la création de Trans Music Maps, nous avons travaillé avec Klaxoon qui nous a apporté son savoir-faire et ses ingénieurs. C’est un travail qui a duré 5 ans ! Aujourd’hui, le développement de la relation aux entreprises locales est un enjeu important. Il correspond au projet économique et social des Transmusicales. Nous avons besoin d’assurer un auto-financement important, à l’heure où les budgets des collectivités sont contraints et que les coûts de production augmentent.
Avec 60 000 festivaliers chaque année, quelles sont les retombées économiques du festival sur le territoire ?
B. M. : Nous n’avons pas les moyens de mesurer les impacts économiques concrets sur le territoire, mais certains indicateurs nous montrent qu’ils sont réels. Le comité départemental du tourisme enregistre, par exemple, une hausse importante de la fréquentation des hôtels le week-end du festival. Idem pour le secteur de la restauration. Plus largement, la dynamique territoriale est forte. Partenaires publics et privés travaillent ensemble. Je pense qu’aujourd’hui, on ne peut pas segmenter un secteur économique, avec les subventions d’un côté et les privés de l’autre. Ça ne tient pas la marée ! Pour la création de La Fontaine à ooh du grand Hall, le budget était de 100 000 € : nous avons reçu une subvention de Rennes Métropole, mais surtout, cinq entreprises locales, spécialisées dans les technologies en réalité augmentée, nous ont accompagnés. Une forme de complémentarité se met en place. Les entreprises sont sources d’attractivité et la culture participe aussi de cette dynamique.