Améliorer les conditions de travail des médecins échographistes, diminuer le temps d'examen, tels sont les paris relevés par Frédéric Bosler, angéiologue, Élie Léonhardt et Alexandre Chasteloux, ingénieurs biomédicaux, associés au sein de BCL Invent. Tous 3 ont mis au point un système de distribution automatisé du gel pour les échographies. Le principe: relier une poche de gel à une tubulure, ficelée à la sonde de l'échographe. Derrière se cache un système électronique permettant par une simple pression sur un bouton de délivrer une dose de gel. L'idée de cette invention est venue à Frédéric Bosler durant sa formation en médecine vasculaire. «Mon mémoire consistait à montrer les inconvénients et les avantages du flacon de gel», raconte le médecin. Parmi les inconvénients recensés, il cite la perte de temps (environ 10% du temps d'examen), le manque d'hygiène, l'inconfort pour le praticien, la perte de produit. Dès 2002, il élabore un prototype, en partenariat avec une société nancéienne, qu'il présente à plusieurs professionnels. Ca n'est qu'en 2006, après avoir lancé l'activité de son cabinet médical, qu'il reprend son projet avec Élie Léonhardt et Alexandre Chasteloux, dans le cadre de leur projet de fin d'études. Les 3 hommes créent alors BCL Invent en 2008 pour lancer le produit. En 3 ans, ils ont vendu une centaine de systèmes à des cabinets libéraux et à des hôpitaux, en France, mais aussi au Luxembourg et en Suisse. Et les retours sont plutôt positifs.
Cinq brevets
L'invention fait l'objet de 5 brevets déposés, dont un sur le gel. «Il était impossible de garder la consistance du gel et de le faire circuler. Nous avons donc mis au point un gel plus fluide, mais qui conserve ses qualités et procure même des images de meilleure qualité.» À la demande d'un service de pédiatrie, les associés ont aussi mis au point un dispositif qui chauffe le gel. «Souvent les enfants dorment quand ils arrivent en salle d'examen. La température du gel les réveille, ils s'agitent et il devient difficile de faire l'examen.»
Commercialisation
Aujourd'hui, la société est en pleine phase de commercialisation de son système dont le prix oscille entre 995 et 3.000€. «Mais on est freiné par notre manque de compétences commerciales», avoue Frédéric Bosler, qui ne cache pas non plus la difficulté à passer le barrage du service achat des établissements hospitaliers. La société a néanmoins déjà un contrat pour la France et l'Europe avec le fabricant japonais Hitachi, qui associe le système développé à ses appareils. D'autres contacts sont aussi en cours avec des distributeurs et revendeurs de matériel médical et avec d'autres fabricants. Avec ces partenariats, la société espère passer un cap. Au-delà de la volonté d'apporter une solution qui facilite le quotidien de ses confrères, Frédéric Bosler ne cache pas son ambition de créer de l'emploi. «Aujourd'hui, la fabrication est artisanale. Nous avons recherché les meilleures compétences dans chaque domaine. Certains éléments viennent de l'étranger; d'autres sont handmade, mais nous essayons d'utiliser les ressources de la région et nous procédons à l'assemblage. Nous espérons rendre la société viable grâce à ce système, ce qui nous permettrait de passer à une phase d'industrialisation et d'innover en développant d'autres produits.» Et le médecin a déjà tout prévu: un atelier «embryonnaire» est en place dans une annexe de sa maison et les bureaux sont prêts à accueillir 2 ou 3 ingénieurs. Idéalement, il parle de 10 personnes en R & D et de 10 à 20 personnes en fabrication. «On ne se prend pas au sérieux. Mais si on pouvait faire vivre quelques personnes, ça serait bien.»
BCL Invent
(Sarrebourg) SARL au capital de 66.000 € Création: mars2008 Gérant: Frédéric Bosler CA: 40.000€