Dans quel état d'esprit êtes-vous alors que des bruits courent depuis plusieurs mois sur une éventuelle cession de Bausch+Lomb ?
Je n'ai pas d'information sur le sujet mais il me semble important de souligner que les promesses qui avaient été faites au moment du rachat, par le fonds Warburg Pincus en 2007, ont été tenues. Des synergies se sont nouées, l'innovation a été encouragée, des investissements ont été faits - notamment en France - donc l'entreprise s'est développée.
Côté investissements justement, une enveloppe de plusieurs millions d'euros avait été annoncée en 2012, destinée aux trois sites français de Bauch+Lomb (Montpellier, Aubenas et Labège). Qu'en est-il sur votre site?
En 2011, nous avions déjà fait une extension du bâtiment pour rapatrier la R&D qui était située dans des bâtiments en location. Tout l'étage de notre bâtiment a été refait l'année suivante. En 2013, Bausch+Lomb poursuit ses investissements : nous allons refaire une très grande partie de la production, avec un objectif primordial dans la performance industrielle : repenser l'organisation de notre production pour gagner encore plus en agilité.
Labège est-il plus tourné vers la production ou la R&D ?
Aujourd'hui, Bausch+Lomb nous reconnaît comme un centre d'innovation rapide pour le groupe. Cela signifie que les implants intra-oculaires, que nos équipes toulousaines développent, doivent pouvoir être mis sur le marché assez rapidement. Depuis 2000 (date du rachat de Chauvin Opsia par Bausch+Lomb, ndlr), nous n'avons cessé d'augmenter notre niveau d'exigence industrielle, ce qui nous a d'ailleurs valu d'être récompensé en 2012 du titre de meilleur site du groupe sur les critères qualité. Entre 300 et 400.000 implants sont produits ici chaque année avec un taux de fiabilité énorme, destinés à des opérations de la cataracte, qui figurent parmi les chirurgies les plus pratiquées et les plus fiables à ce jour.
Comment Bausch+Lomb Labège s'intègre-t-il dans le tissu économique local ?
Le marché que nous adressons depuis Toulouse est mondial et le premier d'entre eux, c'est la Chine. Néanmoins, nous travaillons déjà avec des entreprises locales et j'aimerais développer encore plus cet aspect collaboratif. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de m'impliquer depuis deux ans dans le conseil d'administration et le bureau de BioMedical Alliance. La région dispose de multiples expertises et technologies qui peuvent être utilisées dans l'industrie du dispositif médical, même si elles sont au départ très orientées vers l'aéronautique, et vice versa.
Quels sont vos axes de recherche aujourd'hui ?
Nous travaillons à la fois sur les implants et leurs propriétés optiques pour le patient, mais aussi sur la facilité d'utilisation pour le chirurgien et ses équipes. Cela implique de bien comprendre les usages de notre produit, donc d'échanger en permanence avec des praticiens. J'ai la chance de diriger des équipes motivées, qui se sentent concernées par ce qu'elles font, ne serait-ce que parce que chacun connaît au moins une personne ayant été opérée de la cataracte !
Bausch+Lomb
(Labège) Directeur de site :Jean-Marie Courcier Environ 80 collaborateurs CA 2012 : non communiqué 05 62 24 64 64 www.bausch.fr