Barre Thomas : La révolution plastique
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Barre Thomas : La révolution plastique

En fabriquant une vingtaine de pièces pour la Peugeot 508, construite à Rennes dans quelques mois, Barre Thomas se donne plus que de l'oxygène sur le plan financier. Grâce à l'innovation - et au plastique - l'équipementier espère toucher de nouveaux marchés.

À l'usine de Rennes La Janais, on est dans les starting-blocks. Dans quelques mois, le site breton de PSA lancera la fabrication de la Peugeot 508, remplaçante de la 407. Autant dire que chez les équipementiers, c'est également l'effervescence. C'est le cas de la Barre Thomas. Route de Lorient, le spécialiste de l'étanchéité va en effet fournir une vingtaine de pièces pour la 508. Des éléments en caoutchouc, la spécialité historique, mais également en métal et, surtout, plastique. La grande tendance. «Le plastique présente des avantages au niveau du poids et du prix» - de l'ordre de 20% moins cher par rapport à une pièce du même type en caoutchouc - explique Florent de La Gastine, directeur technique. Parmi ces pièces, on trouve par exemple un support écran sous moteur (ESM), jusqu'alors fabriqué en aluminium.




80.000 pièces en 2010

Aidée de logiciels de CAO (conception assistée par ordinateur), l'équipe de R & D a mis six mois à concevoir une telle pièce. Elle est aujourd'hui fabriquée dans l'atelier plastique de l'équipementier et équipera la 508 dès le démarrage de la production, fin 2010 ou début 2011. «Mais PSA a également choisi de la monter sur C5 en Chine dès aujourd'hui», précise Damien Baudry, directeur général adjoint de Barre Thomas. Résultat, ce sont 80.000 pièces qui seront d'ores et déjà produites en 2010 pour le marché chinois. En Chine, la pièce devrait rapporter à la Barre Thomas un chiffre d'affaires d'un million d'euros. À Rennes, ce sera au minimum 1,5M€. Au total, la fabrication de la vingtaine de pièces nécessaires à la 508 représente un CA annuel de 13,7M€. Un beau contrat qui représente bien plus qu'une simple commande. «Le fait d'avoir proposé une pièce en plastique nous a permis de rentrer sur un marché sur lequel on n'était pas présent, insiste Damien Baudry. On voudrait montrer qu'on n'est pas que des vendeurs de pièces en caoutchouc.» Dans l'automobile, la grande tendance est en effet de développer des pièces recyclables. C'est le cas du plastique, que l'on peut fondre à nouveau pour en faire un autre usage, contrairement au caoutchouc.




3M€ d'investissements

Au total, afin de concevoir les pièces de 508, Barre Thomas aura investi 2M€ dans de nouveaux équipements. Ils viennent s'ajouter au million déjà injecté fin 2009 dans une nouvelle ligne d'extrusion tournée vers l'étanchéité des portes. Une pièce, là encore, qui passe du caoutchouc au plastique. Grâce à ces contrats et ses solutions innovantes, Barre Thomas sort peu à peu de la zone rouge. Lui qui, il y a trois ans, comptait encore quelque 2.000 salariés (1.000 aujourd'hui). Même si du chômage partiel est encore planifié dans certaines équipes, l'industriel dégage du bénéfice depuis tout juste un an. En 2009, le chiffre d'affaires de Barre Thomas s'est ainsi établi à 150M€, pour un résultat opérationnel (Ebitda) de 4M€. «En 2010, on devrait maintenir le même niveau de chiffre d'affaires et on vise un Ebitda de 6,5M€», annonce Damien Baudry. Côté actionnariat, le fonds d'investissement Silver Point est toujours aux manettes. Barre Thomas ne cache toutefois pas être en discussion avec l'un de ses concurrents en vue d'un éventuel rapprochement capitalistique. «On y travaille», confie Damien Baudry.

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