C’est acté, le groupe francilien Axens (2 200 salariés, 1 Md€ de CA 2024) va prendre possession d’une large portion de la friche Vallourec de Saint-Saulve, près de Valenciennes. L’acquisition du terrain a été finalisée fin avril, pour l’implantation du "projet Macaron", soit la création, d’ici 2028, d’une usine de matériaux actifs de cathode (CAM), matière première essentielle pour les batteries de véhicules électriques.
À terme, Axens prévoit de produire 28 000 tonnes de CAM de type NMC (Nickel-Manganèse-Cobalt) par an à Saint-Saulve. Avec pour objectif, de répondre à 3 % de la demande européenne à l’horizon 2030 et de contribuer à la structuration de la chaîne de valeur européenne des batteries, en développant un "maillon stratégique" dans les Hauts-de-France, précise un communiqué.
Une co-entreprise avec un groupe chinois
Pour y parvenir, Axens s’appuie sur l’un des fleurons dans ce domaine, l’entreprise chinoise Minmetals New Energy Materials, filiale du groupe minier d’État chinois China Minmetals, qui possède actuellement deux usines de production de CAM en Chine. Le partenariat entre les deux groupes prévoit la création de la co-entreprise Licamax, d’abord détenue à 100 % par le groupe Axens mais dont MNEM prendra une participation à l’horizon du quatrième trimestre 2025. Axens restera à terme l’actionnaire majoritaire de la co-entreprise.
Cette alliance vise à faire de l’usine de Saint-Saulve un site de référence en Europe, avec quatre lignes de production indépendantes.
Implanté sur 10 hectares en bordure de l’Escaut, le site sera classé Seveso seuil haut, en raison du stockage de nickel, manganèse et cobalt. Le constructeur compte tirer parti de la situation du site pour mettre en place un approvisionnement 100 % fluvial du site, et limiter ainsi "significativement" le recours au transport routier.
Lancement de la concertation préalable
La signature de l’acte de vente a également donné le coup d’envoi de la concertation préalable autour du projet, et notamment, de la partie "raccordement électrique" pour laquelle RTE est maître d’ouvrage. L’opérateur de transport des réseaux d’électricité prévoit de relier l’usine au poste de Valenciennes en combinant, grâce à un pylône aérosouterrain, une partie de ligne aérienne existante et une ligne souterraine à créer sur environ 1 km. Ouverte le 5 mai, la concertation prévoit toute une série de rencontres et réunions publiques jusqu’à sa clôture, le 5 juillet. Un site d’information est également disponible.