Avec les pneus Léonard, Black Star continue sa course vers la croissance
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Avec les pneus Léonard, Black Star continue sa course vers la croissance

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En moins d’un an, l’usine de pneus reconditionnés Black Star, installée sur la friche Bridgestone à Béthune, dans le Pas-de-Calais, a augmenté sa production de 50 %. Une croissance néanmoins insuffisante, de l’avis de la direction qui entend intensifier sa production mais pointe des soucis d’approvisionnement.

Laurent Cabassu, le directeur général de Black Star — Photo : Jonathan Blanchet

Cinq ans après avoir investi la friche industrielle Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais), l’entreprise lyonnaise Black Star, aux côtés de son partenaire le groupe nordiste Mobivia, va bientôt y produire son 500 000e pneu reconditionné sous marque Léonard, dont la commercialisation avait débuté en avril 2023.

Actuellement, quelque 1 500 pneus sortent quotidiennement de ses ateliers contre 1 000 en septembre 2024. "La marque Léonard est en croissance continue", confirme Laurent Cabassu, directeur général de Black Star. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’entreprise, qui emploie 130 salariés à Béthune, devrait passer de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier à 15 millions cette année. Elle produit actuellement 300 000 pneus par an et 500 000 devraient sortir de ses lignes de production l’année prochaine. Une progression fulgurante, mais pas assez rapide, de l’avis de son dirigeant qui évoquait, en 2023, un objectif de production, à terme, d’un million d’unités par an.

Vers une intensification de la production

"Nous sommes dans une phase de ramp-up (qui nécessite d’intensifier la production, ndlr). Cette usine coûte encore très cher. Il faut atteindre une taille critique et nous n’y sommes pas encore", estime le patron de Black Star. Lequel pointe une dépendance de l’entreprise vis-à-vis des approvisionnements et la nécessité d’améliorer la collecte des pneus pour aller plus loin.

La marque de pneus rechapés Léonard est produite à Béthune, sur la friche laissée par l’ancienne usine Bridgestone — Photo : Jeanne Magnien

Actuellement, seuls 10 % des pneus issus des gisements qui parviennent à l’usine répondent aux standards de qualité fixés par l’entreprise et sont donc conservés pour être rechapés. Sur cette question, le dirigeant indique avoir alerté les éco-organismes représentatifs d’une filière qu’il juge "bien structurée", mais qui avait jusque-là plutôt l’habitude de valoriser la matière, là où Black Star restaure complètement le pneumatique.

Un système de scan pour des gisements plus qualitatifs

Selon Laurent Cabassu, la publication, début 2024, d’un nouveau cahier des charges dicté par l’État à l’endroit des éco-organismes devrait permettre d’améliorer la qualité de la collecte. Mais pour gagner en efficacité, l’entreprise annonce surtout avoir développé un système de scan pour affiner le filtrage des pneus en amont et séparer immédiatement le bon grain de l’ivraie directement chez les collecteurs.

Des premiers tests ont débuté et devraient durer plusieurs mois. "L’idée est véritablement de massifier l’obligation à fournir des pneus de qualité suffisante".

La rentabilité visée en 2026

Si Black Star parvient à négocier cette montée en puissance, elle peut espérer atteindre la rentabilité courant 2026. D’autant que les points de distribution se multiplient : via Norauto (groupe Mobivia), les pneus Léonard made in Béthune voyagent aussi en Espagne, en Belgique, et en Italie… Et ils font désormais l’objet d’un partenariat avec Renault, les amenant à être proposés dans quelque 6 000 points de vente au global. En France, la marque estime que 400 000 pneus Léonard sont actuellement en circulation.

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