À vol d’oiseau, les deux sociétés étaient séparées de 500 mètres. "Nous savions qu’ils existaient, mais nous ne nous connaissions pas vraiment", confesse Adrien Briquet. Le dirigeant du groupe vosgien Feralu, basé à Poussay, vient pourtant de reprendre l’intégralité du capital de l’entreprise voisine de la sienne, Fermdoors, installée à Mirecourt. Créée il y a 12 ans par Thomas Anacleto, Fermdoors emploie huit salariés et réalise un total de 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires en vendant des portes de garages sectionnelles, pour l’habitat et l’industrie.
25 emplois au sein du groupe
"Il y a d’évidentes synergies entre nos deux activités", se félicite Adrien Briquet. Opérant dans la serrurerie industrielle et la métallerie, Feralu conçoit, fabrique et pose des escaliers, garde-corps, ou encore des constructions métalliques à destination du bâtiment et de l’industrie. Au sein du groupe, sous la marque EVRalu, reprise en 2020, l’entreprise fabrique aussi des garde-corps en aluminium en kit, à destination de l’habitat.
Le tout pèse 1,9 million d’euros de chiffre d’affaires. "Le nouvel ensemble, avec Fermdoors, emploie un total de 25 salariés, et doit atteindre 4 millions d’euros de chiffre d’affaires dès le prochain exercice", fixe Adrien Briquet.
L’apport de la vente en ligne
En plus de l’apport de ressources complémentaires, soit essentiellement les chargés d’affaires du groupe, le dirigeant compte notamment sur la vente en ligne pour propulser l’activité de Fermdoors : "L’euphorie est retombée, nous ne sommes plus pendant les années Covid, mais cela reste un vecteur de croissance", assure le dirigeant du groupe Feralu. 40 % du chiffre d’affaires de Feralu et d’EVRalu est réalisé en ligne : les clients choisissent les produits, rentrent leurs cotes et sont livrés en quelques semaines. Les produits de Fermdoors bénéficieront bientôt de la même exposition sur les plateformes de vente en ligne du groupe.
Des carnets de commandes de deux à trois mois
Malgré les difficultés actuelles dans le secteur de la construction, Adrien Briquet reste confiant dans sa stratégie visant à créer un groupe vosgien, constitué d’une grappe d’entreprises opérant dans la "transformation de la matière", pour les marchés de l’habitat et de l’industrie. "L’activité est encore là", assure le dirigeant, en faisant le point sur les demandes de devis enregistrées au mois d’octobre : 35 sur les trois premiers jours du mois. "Évidemment, avant la chute de l’activité de la construction, nous avions des carnets de commandes de six mois. Maintenant, nous sommes à deux, voire trois mois, mais c’est tout à fait correct", estime le dirigeant vosgien.
La croissance externe pour gagner du temps
Se présentant sans détour comme acheteur de toutes les sociétés compatibles avec l’activité de son groupe, Adrien Briquet veut mener "une opération de croissance externe tous les deux ans" pour faire changer son groupe de dimension. Discret sur son objectif final, Adrien Briquet sait que le moment est propice : "Il y a une génération de dirigeants qui part à la retraite et il y a énormément d’entreprises à céder. Il est possible de recréer des activités en partant de zéro, mais la croissance externe fait gagner du temps."
"Nous sommes rentables, jamais un souci de gestion, les financements ne sont pas compliqués à décrocher"
Pour l’instant, le dirigeant vosgien a financé son développement grâce à de l’endettement bancaire, obtenu sans difficulté : "Nous sommes rentables, jamais un souci de gestion, les financements ne sont pas compliqués à décrocher", appuie Adrien Briquet, sans cacher avoir déjà songé à ouvrir le capital de son groupe à un fonds pour accélérer plus rapidement.
400 000 € de travaux pour rationaliser la production
Actuellement installée dans un bâtiment de 800 m2, l’équipe de Fermdoors doit rejoindre les ateliers du groupe : un déménagement programmé pour le début de l’année 2025 qui va nécessiter 400 000 € d’investissement pour lancer le chantier du réaménagement du site de Feralu, une ancienne friche industrielle située à l’entrée du village de Poussay qui permet à l’entreprise de disposer d’un total de 1 600 m2 de bâtiments. "Nous allons agrandir l’atelier dédié à l’activité d’EVRalu de 200 m2 pour abriter les machines de Fermdoors", détaille Adrien Briquet.
"En parallèle, nous allons construire 360 m2 de bureaux, ainsi qu’un showroom." Ne disposant pas actuellement d’un espace d’exposition des produits fabriqués par le groupe, le dirigeant compte sur ce nouvel outil pour jouer à fond la carte du made in Vosges. Car malgré l’accélération des ventes en ligne, une partie de la clientèle, notamment les particuliers, reste attachée à la découverte des produits sur site : "Pendant l’été, nous avons des clients qui viennent en camping-car de l’autre bout de la France, pour passer des vacances dans les Vosges, et qui font un crochet pour découvrir l’entreprise", dévoile le dirigeant du groupe Feralu.