Depuis la campagne mayennaise, Akris Group a su s’imposer en référence mondiale dans la conception et la fabrication de pièces d’outillage industriel de haute précision. Son expertise dans les aciers frittés et le carbure lui permet de fournir des acteurs dans l’aéronautique, l’énergie, l’électronique, le médical, l’automobile, le luxe ou encore l’agroalimentaire. La diversité des commandes lui offre une certaine sécurité face à la conjoncture des divers secteurs d’activité des clients.
Un dirigeant remplacé par une société de gestion
Présent 44 ans dans l’entreprise, le dirigeant Jean-Michel Sablé est récemment parti en retraite. Trevor Hird a repris sa place de directeur général. L’ex directeur commercial et financier est désormais actionnaire majoritaire. Deux autres dirigeants restent associés minoritaires et, comme lui, poursuivent leur montée au capital : Emmanuel Duval, le directeur industriel, et Thomas Foulon, le directeur technique et responsable du bureau d’études.
Arkéa Capital est par ailleurs devenu actionnaire. Dédiée au capital-investissement, la société de gestion du Crédit Mutuel Arkéa (caisse fédérale de Bretagne et du Sud-Ouest) va accompagner les ambitions du groupe mayennais.
S’appuyer sur des experts financiers
"Nous sommes des experts, des techniciens. S’associer à des financiers doit nous permettre de trouver des leviers de croissance. D’ici cinq ou dix ans, nous imaginons que la taille du groupe sera doublée, et le chiffre d’affaires au minimum multiplié par deux", confie Trevor Hird. Akris Group emploie actuellement 70 salariés.
Le dirigeant envisage à la fois de la croissance organique et des rachats d’entreprises. Le potentiel se fait sentir. "Nous sommes sollicités par des clients historiques et des nouveaux, indique le directeur. Nous récupérons par exemple des clients de sociétés qui ont fermé en Allemagne. Et quand un client signe avec nous, en général, c’est un mariage de vingt ans."
La France, à nouveau le marché le plus porteur
En 2024, les dix millions d’euros de chiffre d’affaires de l’entreprise ont été réalisés à 80 % à l’international. "Actuellement, nos deux marchés les plus dynamiques sont les États-Unis et la France, qui pèse aujourd’hui 20 % de notre chiffre d’affaires. Depuis 2007 que je suis dans l’entreprise, je n’ai jamais vu cela. Le marché français était plutôt à la baisse. Cela s’est inversé depuis trois, quatre ans avec les tendances à l’électrification des véhicules et à la décarbonation des activités", observe le directeur général. Son positionnement sur ces marchés a permis à l’entreprise d’être trois fois lauréate du plan de soutien France Relance.
Interroger la position du site américain
Aux États-Unis, l’ambition des actionnaires pourrait déclencher des investissements dans l’usine qu’Akris Group possède à Nashville (Tennessee). "Depuis 2017, nous avons une réflexion pour les aider à s’équiper là-bas. Le marché américain est redevenu dynamique. Maintenant, il va falloir évaluer l’impact de l’équilibre euro-dollar", commente Trevor Hird.
CTS (pour Compaction Tools Service) réalise le service après-vente des outils commercialisés en Amérique du Nord par le groupe mayennais. Il produit également des outils neufs dont les plans et la conception sont réalisés depuis le siège à Ambrières-les-Vallées. En fonction de l’économie américaine, les dirigeants pourraient décider d’augmenter les capacités de fabrication ou bien celles dédiées à l’entretien et l’optimisation des outils importés.
Des retombées également dans la Sarthe
C’est sur le plus petit des trois sites du groupe que la phase de développement souhaitée va se faire sentir en premier lieu. S3M a été repris en 2018. "Nous y avons réalisé un peu moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Nous ferons le double en douze mois", indique le directeur général. À Brûlon, S3M réalise du fraisage et de l’usinage quatre axes sur de l’aluminium, de l’acier et des plastiques. En sous-traitance, l’atelier sarthois sert autant des clients de la région que le site principal du groupe, Sumca, pour des ébauches de pièces.
Le service couplé à la technologie
À Ambrières-les-Vallées, Sumca emploie une cinquantaine de salariés du groupe. Le site mayennais conçoit et produit des pièces de précision en usinage, emboutissage, découpe, moulage. Ses compétences technologiques lui permettent aussi de compresser de la poudre de métal.
"Nous travaillons ici au micron près", insiste Trevor Hird. Les outils livrés chez les clients servent à produire de grandes séries. "Nous pouvons réaliser des outils pour les fabricants de lentilles de contact, de stylos à bille ou encore de disjoncteurs électriques, liste le dirigeant. Nous fournissons nos clients avec un service. Nous les accompagnons pour optimiser leur production et penser la meilleure manière de fabriquer leurs pièces."