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Avec 150 start-up accompagnées en 16 ans, l'incubateur Laval Mayenne  Technopole trouve son rythme
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Avec 150 start-up accompagnées en 16 ans, l'incubateur Laval Mayenne  Technopole trouve son rythme

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Laval Mayenne Technopole a accompagné 150 start-up depuis sa création en 2009. Chaque année, des porteurs de projet parisiens s’installent en Mayenne. Pour les attirer, l’incubateur lavallois joue à fond la carte d’un réseau de professionnels et d’organismes divers, de proximité, réactif et rassurant.

Antoine Tetart est start-up manager et responsable de l’incubateur de Laval Mayenne Technopole depuis 2017 — Photo : Frédéric Gérard

En 2024, le Financial Times a établi un classement des meilleurs hubs de start-ups en Europe, basé sur l’avis même des start-up incubées. Dans une liste de 125 lieux incubateurs, Laval Mayenne Technopole (LMT) se classe au 83e rang au niveau européen et au 5e rang français.

Une centaine de start-up en quinze ans

L’incubateur lavallois, qui occupe cinq temps pleins actuellement sur les 18 personnes employés par LMT (qui accompagne d'autres types de projets), a accompagné 150 start-up depuis sa création en 2009 ; d’abord de plus en plus, jusqu’à trouver son rythme de croisière. Sous statut associatif, mais facturant ses services aux entreprises, LMT est financé aux trois quarts par des subventions publiques. Pour les collectivités locales, c’est un moyen d’attirer des porteurs de projets innovant dans l’agglomération.

Pas un large vivier d’étudiants

Hors des grandes métropoles, cernée par des villes plus visibles (Paris, Angers, Rennes…), situé dans un département à dominante rurale, LMT joue sa carte personnelle. "Nous pouvons soutenir des projets d’étudiants de l’Estaca par exemple. Mais nous savons que nous n’avons pas le même vivier qu’à Nantes ou Rennes", résume Antoine Tetart, start-up manager et responsable de l’incubateur de LMT.

Proposer un accompagnement long

L’incubateur privilégie un accompagnement long de jeunes pousses qui souhaitent stabiliser leur activité, et un accès facile à l’écosystème local. "Nous les aidons d’abord à préciser leur idée de départ, précise Antoine Tetart. Et pendant trois à douze mois, nous les aidons à en évaluer la faisabilité. Lorsqu’ils entrent en phase de développement de leur innovation, nous signons avec eux un contrat d’accompagnement de cinq ans environ."

Moins cher qu’un suivi à Paris

Les start-up ou les projets innovants suivis par LMT ne sont pas tous issus du territoire. L’accompagnement est gratuit, l'hébergement soumis à de menus frais, et l’écosystème local facilement accessible. "Chaque année, entre 10 % et 30 % des porteurs de projets viennent de Paris, ajoute Antoine Tetart. Dans la capitale, ils doivent payer cher le soutien d’organismes avant tout pour être présentés à de potentiels clients ou financeurs."

Faire marcher le réseau de proximité

Pour les convaincre de venir à Laval, LMT invite les porteurs de projets à découvrir le territoire et l’écosystème. "En deux jours seulement, soutient Antoine Tetart, ils peuvent obtenir les conseils de dirigeants, mais aussi de banques, d’experts-comptables, de professeurs ou thésards d’écoles d’ingénieurs, de business angels, des élus politiques, des chambres et organisations professionnelles. Et évidemment, d’autres start-up."

De belles réussites sur les rails

LMT intègre une vingtaine de projets par an. C’est une moyenne : dix d’entre eux sont accompagnés un an, l’autre moitié pour une durée plus longue. Parmi les entreprises ayant été accompagnées à Laval, un bon nombre a été créé par des dirigeants qui ne sont pas Mayennais. Parmi lesquels on retrouve le spécialiste du snacking chaud My Pie (20 M€ de CA 2023, plus de 100 personnes), qui investit 21 millions d’euros dans une nouvelle usine à Gorron ; Cispé qui propose des outils de pilotage de sécurité d’événements et envisage de devenir leader européen dans son domaine. Autre belle réussite, Imagin-VR, qui conçoit des solutions de réalité virtuelle pour l’industrie et la santé a été créée par deux Mayennais.

Un espace de coworking

Toujours dans cet esprit de proximité et d’émulation collective, Laval Mayenne Technopole vient d’ouvrir un espace de coworking. Les entreprises qui ont été incubées y auront des facilités d’accès. Mais tout le monde peut réserver un bureau pour quelques heures ou plusieurs jours. Le nouveau lieu dispose de deux salles de travail communes, représentant quinze places, et d’un bureau individuel. Une "salle de créativité", pour échanger avec les autres occupants ou s’organiser une pause détente est également à disposition.

Laval # French Tech # Innovation # Implantation # Start-up # Réseaux d'accompagnement