Automobile : Coup de frein chez les équipementiers ligériens
# Industrie

Automobile : Coup de frein chez les équipementiers ligériens

La filière automobile subit de plein fouet la crise financière. Par effet domino, les grandes difficultés des constructeurs se répercutent chez leurs nombreux sous-traitants, et les équipementiers ligériens ne sont pas épargnés.

L'image des foules au dernier Mondial de l'Auto n'aura été qu'un leurre pour le business. Toutes les marques sont aujourd'hui touchées par la crise, les constructeurs français - qui ne représentent déjà que 53% des ventes hexagonales - étant particulièrement affectés. Les ventes de voitures neuves ont encore chuté de 7,3% en octobre et les stocks s'entassent sur les parkings des usines. Si ces fortes turbulences plombent un secteur qui, en emplois directs, compte environ 365.000 personnes en France, elles ont surtout des conséquences dramatiques pour de très nombreux sous-traitants qui pèsent quant à eux près de 2,5millions de salariés! Comme chacun sait, la Loire, territoire de pointe en matière de mécanique, compte beaucoup d'équipementiers de rang 1 ou 2. Par exemple Freudenberg (Andrézieux-Bouthéon), 100% lié au marché auto en produisant des pièces d'étanchéité en caoutchouc pour tous les systèmes de freinage. «Jusqu'à 20% de baisse d'activité, on peut manoeuvrer, mais quand la crise nous affecte de 30 à 40%, il faut nécessairement réduire la voilure», indique la direction qui constate des stocks trop importants. «Nous allons certes devoir adapter notre travail aux demandes de nos clients, en gardant la tête froide et en prenant les mesures les moins douloureuses pour nos salariés». Des mesures qui se traduisent par la quasi suppression des effectifs intérimaires et probablement par une fermeture plus longue que prévue pendant la période de Noël. Du préventif, en espérant que ces dispositions seront suffisantes pour rebondir dès le premier trimestre 2009, sous réserve que le contexte global s'améliore. Même schéma chez Flexitech qui compte 250 personnes. L'entreprise qui fournit des flexibles de frein pour de grands constructeurs comme Peugeot, Renault, Mercedès, BMW ou Opel, n'avait, selon des membres du comité d'établissement, pas suffisamment anticipé les effets brutaux de cette crise. Au site de Saint-André-le-Puy, on épure donc les congés et autres RTT et l'on fermera une semaine de plus qu'à la normale en cette fin d'année. Une période où Dura (La Talaudière) a l'habitude d'un fléchissement cyclique de la production. Ce fabricant de câbles et composants pour commandes de vitesse, qui appartient à un fond de pension américain, fermera classiquement deux semaines. Mais depuis septembre, ce sont 90 intérimaires dont les contrats n'ont pas été renouvelés pour sauvegarder les permanents. Selon le délégué CFDT, «c'est la diversité de six métiers différents qui maintient encore l'emploi, avec l'innovation sur de nouveaux systèmes». Mais on ne cache pas de sérieuses craintes si le rebond tarde dès la rentrée 2009.




Ralentissement en cascade

Plus dur est le contexte chez Jtekt, pionnier des systèmes de direction à assistance électrique dont 80% du CA proviennent des grands constructeurs européens. La dégradation actuelle du marché est d'une telle ampleur que l'entreprise (sous pavillon japonais, mais où Renault a des parts) se voit obligée d'adapter ses effectifs pour amortir les frais fixes. Si les contrats intérimaires n'ont pas été renouvelés, on ne sait pas encore combien de salariés du site stéphanois seront parmi les 200 emplois que le groupe va suspendre sur ses différents sites français. Une conjoncture que subit naturellement Michelin à Roanne, qui, malgré la hausse de son CA par rapport à 2007, a vu ses ventes chuter de 20% en octobre dernier, et annonce carrément trois semaines de fermetures au lieu d'une en cette fin d'année. Chez Loire Études à Saint-Chamond, Michel Garson estime à environ 35.000heures de travail perdues le fait que des clients comme Renault aient arrêté le développement de certains véhicules. Fournissant, entre autres, des outils pour l'industrie auto (presses d'emboutissage par exemple), il se bat en ce moment pour récupérer des commandes côté Allemagne et donne un tour de vis supplémentaire à ses prix. Tout en craignant l'effet domino pour ses propres sous-traitants. Pour René Bayle d'Expansion 42 qui accueille le CAR, un cercle regroupant une soixantaine d'équipementiers ligériens, «il est clair que les PME les plus diversifiées s'en sortiront mieux que les autres. Mais après ce creux de fin d'année, tous les industriels sont dans le brouillard». Un proche avenir bien incertain, puisque d'après une étude du cabinet PricewaterhouseCoopers, la production en France des constructeurs devrait passer de 40% en 2007 à 30% en 2012.

# Industrie