Cet automne 2013 est particulièrement violent sur le front social en Bretagne : Doux (1.000 emplois sur la sellette), Gad (889), Tilly-Sabco (- 40 % d'activité), Marine-Harvest (405), Renesas (176), Alcatel-Lucent (105), Carl Zeiss Vision (150), mais aussi et toujours PSA - La Janais (1.400)... Autant de grands noms de l'industrie bretonne qui ont fait la fierté de son économie et qui sont aujourd'hui touchés de plein fouet. Au total, les plans sociaux annoncés représentent quelque 5.000 emplois ! L'équivalent de l'usine PSA rennaise rayée d'un trait de crayon du jour au lendemain. Et je ne compte pas les emplois indirects liés à la prestation et à la sous-traitance. Ni les plans sociaux moins médiatiques d'autres entreprises bretonnes moins emblématiques. Un véritable séisme pour l'économie bretonne et ses filières d'excellence comme l'agroalimentaire. Le « plan breton » voulu par Jean-Marc Ayrault pour la fin d'année arrivera bien tardivement, comme la dinde sur les tables de Noël... Trop tard pour ces milliers de salariés qui passeront les fêtes avec pour seule lettre, non pas celle du père Noël, mais celle de leur licenciement. Et le « pacte d'avenir » de 15 millions annoncé par le Premier Ministre pour la Bretagne le 16 octobre, jour du tocsin dans l'Ouest, paraissent bien peu au regard des 300 millions octroyés à l'Est par le président Hollande. L'automne social risque de se prolonger par un hiver glacial. Nos politiques veulent de moins en moins de voitures sur nos routes et en centre-ville mais en produire de plus en plus ; de moins en moins d'agriculture intensive mais de plus en plus de business pour nos abattoirs surdimensionnés... C'est de la schizophrénie.
Géry Bertrande @email (Twitt : @GBertrande)
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