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Au Mans, Maagm met au point des capteurs optiques pour observer le mouvement des sols, de la Terre à la Lune
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Au Mans, Maagm met au point des capteurs optiques pour observer le mouvement des sols, de la Terre à la Lune

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Installée à Le Mans Innovation depuis plus d’un an, Maagm évalue et développe des outils de mesures optiques. Ses solutions devraient apporter une meilleure précision et une plus grande fiabilité pour anticiper les catastrophes naturelles. La start-up a également intégré des programmes spatiaux.

Installée au Mans, la start-up de la deeptech Maagm conçoit des outils de mesure optique de haute précision pour observer les mouvements de la Terre — Photo : Maagm

Créée en avril 2024, Maagm est déjà en orbite. Cette start-up mancelle de la deeptech a d’abord fait parler d’elle, fin 2024, en décrochant un contrat auprès de l’Agence spatiale européenne (ESA) : elle est chargée de mener une étude en pilotant un consortium de cinq acteurs, pour évaluer les futurs gyroscopes de haute précision pour des satellites ou de futures missions spatiales.

Un rêve lunaire

Pour 2025, la start-up a signé un total de 400 000 euros de contrats, montant qui devrait monter à 2,5 millions dans les 36 mois. Un contrat majeur avec le Centre national d’études spatiales (CNES) doit notamment permettre de développer la mesure optique d’un sismomètre destiné à être installé sur la Lune. "Le sol y est plus stable que sur la Terre, ce qui nous permettrait d’avoir des données encore plus fines", précise le dirigeant, Frédéric Guattari.

Fin 2026, la start-up saura si ses capteurs pourront être intégrés à l’étape finale de développement, vers les missions lunaires à l’horizon 2030. Les financements pour ses travaux seront alors plus élevés. Et les associés de Maagm toucheront un rêve : se poser, par le biais de leurs équipements, sur la Lune.

Au dixième de nanomètre près

Maagm innove dans la conception et la commercialisation d’instruments de mesure géophysique basés sur une détection optique. Cette technologie basée sur les rayons de lumière s'avèrent plus précis que les instruments mécaniques ou laser, en particulier pour définir une positon, un mouvement ou pour la navigation dans des environnements exigeants, comme dans l'aérospatial.

Difficile à comprendre d’emblée pour les novices, le nom de Maagm a une double connotation qui éclaire sur ses activités. "Il fait référence au magma, parce que dans notre domaine d’activité, la sismométrie, l’étude des volcans est très importante", explique Frédéric Guattari. "Maagm est aussi un acronyme de Milli Angstrom Meter, du nom du scientifique suédois qui a trouvé le moyen de mesurer la distance atomique, avec une unité équivalente au dixième de nanomètre. Cela fait référence à la précision fournie par nos appareils."

Une bourse French Tech Emergence

Frédéric Guattari a consacré quinze ans de carrière aux gyroscopes à fibre optique avant de se lancer à son compte. Sa start-up est hébergée par Le Mans Innovation et soutenue par Bpifrance avec une bourse French Tech Emergence (90 000 euros), destinée à la deeptech.

Une activité alignée sur les catastrophes naturelles

Maagm, c’est une équipe de dix personnes, dont six associés, la plupart scientifiques. Majoritaire, Frédéric Guattari en est le seul à plein temps. Son arrivée sur la scène internationale est liée au fait "que face à l’augmentation des risques naturels, il n’y a actuellement plus d’instruments disponibles pour mesurer la rotation du sol".

Frédéric Guattari, dirigeant de Maagm, est un spécialiste mondial des gyroscopes à fibre optique de très haute précision — Photo : DR

Le marché de l'instrumentation "vivote toujours un peu", raconte le scientifique. "Mais dès qu'il y a de grandes catastrophes naturelles, on constate des déblocages de crédits, par les États notamment, pour acheter des outils de mesure de l'activité terrestre. Et sous l'effet du réchauffement climatique, la dilatation de la croûte terrestre amplifie les phénomènes." Leur répétition devrait donc avoir une incidence sur la demande des solutions de Maagm, qui pourront être installées des sous-sols marins à la Lune.

Une innovation de l'Eseo d'Angers

Autre projet, la start-up est en cours d'acquisition d'une licence auprès de l'Eseo à Angers pour commercialiser les interrogateurs optiques Loki mis au point par le centre R&D de l'école d'ingénieurs EseoTech. "L'avantage de cette technologie est d'avoir minimisé les composants électroniques, ce qui assure une meilleure stabilité d'utilisation des équipements", précise Frédéric Guattari. Coupler ces Loki à l'ingénierie de Maagm permettrait ainsi aux appareils de mesures de ne pas être soumis aux interférences que peuvent subir des objets connectés.

Un marché d'observation où les scientifiques s'observent

L'entreprise n'est pas positionnée sur un marché comme un autre. "Nous sommes sur le marché académique. Des scientifiques doivent rester en avance sur leurs confrères pour voir leurs recherches publiées et obtenir des financements. Tant que nous serons innovants, nous les intéresserons. Et l'utilisation de nos solutions par ces chercheurs intéressera par répercussion des acteurs privés et des institutions", détaille Frédéric Guattari.

Un objectif de 20 salariés et 20 millions d’euros

Le dirigeant et ses associés ont néanmoins quelques ambitions pour Maagm. "Nous devrions satelliser la structure autour de deux ou trois millions d’euros de chiffre d’affaires. D’ici à cinq ans, nous aimerions être une vingtaine pour fabriquer une dizaine de systèmes par mois : des techniciens, ingénieurs, commerciaux, etc, annonce Frédéric Guattari. Le prévisionnel table sur dix millions d'euros de chiffre d'affaires à cinq ans. Ensuite, nous viserons les vingt millions d'euros."

Le Mans # Deeptech # Aéronautique et spatial # Start-up # Innovation
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