Quelles ont les conséquences des attentats du 13 novembre sur les entreprises de sécurité en France ?
Nous assistons à une très forte demande de nos clients, à Paris mais aussi en Province. En Ile-de-France et Paris intramuros, à partir de vendredi soir à minuit, les clients (centres commerciaux, grands magasins sur les grands boulevards...) ont demandé le doublement des effectifs de sécurité.
Des nouvelles demandes arrivent. Mais nous ne pouvons pas y répondre complètement. Les entreprises de sécurité essaient déjà de répondre à la demande de leurs propres clients traditionnels : les entreprises du Cac 40, les entreprises qui gèrent des flux de personnes, qui ont des tours, qui organisent des événements, des manifestations, des entreprises tertiaires, industrielles, des sites Seveso...
Quels sont les renforts souhaités notamment par les commerces ?
Là où il y avait 10 agents de sécurité, les entreprises en veulent 20. Quand vous placez une ligne d'agents de sécurité aux entrées d'un magasin pour exercer un contrôle visuel des sacs et éventuellement faire des palpations, cela génère un ralentissement. Vous êtes obligés de mettre plusieurs agents pour ne pas engorger l'entrée du magasin et maintenir son attractivité.
Quelles sont les pistes pour répondre à la demande des clients ?
Il nous faut trouver des solutions pour trouver du personnel, augmenter les recrutements. Nous avons pris contact avec le syndicat en charge de la formation des entreprises de sécurité afin d'ouvrir au maximum les vannes. Mais nous ne pouvons pas aller plus vite. Une formation et un recrutement dans nos métiers nécessitent des enquêtes de moralité. La formation dure 147 heures. Trois mois minimum sont nécessaires pour devenir agent opérationnel.
Nous avons réussi à doubler nos effectifs grâce aux heures supplémentaires volontaires et à l'augmentation des vacations.
Mais la source naturelle de réserves de gens diplômés qui cherchaient du travail va rapidement se tarir. Ce mercredi, un de mes confrères a embauché 100 personnes. Si la situation d'urgence est prorogée, nous aurons besoin de 300.000 agents (contre 150.000 aujourd'hui) mais nous ne pourrons pas en embaucher autant car ils ne seront pas formés.
NDLR : Selon l'AFP, la filière demande actuellement des dérogations en matière de législation sociale" pour aller au-delà de la durée hebdomadaire du travail de 35 heures et du contingent des heures supplémentaires et donc "une dérogation aux 48 heures" de plafonnement actuel. Elle demande aussi "à terme" une formation spécifique au risque terroriste pour ses agents, dont 15 ont été blessés lors des attentats du 13 novembre, et que ceux-ci soient mieux protégés notamment par l'équipement de gilets pare-balles.
Conséquence des attentats de Paris du 13 novembre, les entreprises cherchent à accroître leurs effectifs dédiés à la sécurité. Mais la source de candidats disponibles sur le marché du travail est en train de se tarir. Il faut vite former de nouveaux agents, incite le président du Syndicat national des entreprises de sécurité Jean-Pierre Tripet.