Les ateliers Jean-Baptiste Chapuis, spécialisés dans la restauration de boiseries et de meubles anciens, explorent un nouveau marché: la Russie. «Au-delà des fantasmes sur la mafia et les nouveaux riches en Russie, il y a là-bas un goût indéniable pour un certain luxe ostentatoire de style baroque», explique Damien Chapuis, qui développe l'export et se prépare à reprendre, avec son frère Cyril, le flambeau de son père Jean-Baptiste. Profitant de l'année croisée France/Russie en 2010, la petite entreprise de menuiserie prépare pour la fin de l'année une exposition au Manège de Moscou, à deux pas du Kremlin, afin de mieux faire connaître son savoir-faire. Mieux: elle travaille actuellement sur la recréation, dans le salon d'un riche particulier russe, pour un budget de 2M€, du pavillon Français situé en face du Trianon, à Versailles. «Nous connaissons bien le pavillon Français car nous y avons déjà réalisé des études de restauration», remarque Jean-Baptiste Chapuis.
20.000heures de travail Damien Chapuis apprend le russe depuis un an et demi et s'y rend tous les deux mois. 90% des 20.000heures de travail nécessaires à la réplique du pavillon Français seront néanmoins effectuées en Bretagne. Les ateliers de Muzillac sont établis sur 1.170m², répartis en trois bâtiments. C'est ici que s'activent les compagnons, sur une dégauchisseuse, une raboteuse ou une ponceuse. Ici que sont travaillés les miroirs, les dorures et le bois. Le chêne est majoritairement utilisé, même si les Ateliers emploient aussi 248 essences différentes de bois précieux (amarante, rose, violette...). Dans une petite salle de stockage annexe, quelques antiquités comme cette table de jeu à combinaisons de la «fin du 18e siècle», selon Jean-Baptiste Chapuis. Elle fut réalisée par un de ses ancêtres. À côté, au bureau d'études, c'est le bond dans le futur. Fini le dessin à la main, place au logiciel Autocad muni de sa station et de son écran ad'hoc. L'entreprise cherche d'ailleurs à recruter au bureau d'étude. Elle travaille aussi sur son déménagement dans de nouveaux locaux. Plus grands de 400m², ils seront surtout dotés d'une hauteur de plafond plus importante pour pouvoir mieux manipuler les éléments monumentaux des boiseries. Cet investissement de 400.000 à 500.000 € pourrait bien voir le jour à Arzal, dans la zone d'activité de la Corne du Cerf.
Les ateliers Chapuis, spécialisés dans la restauration de boiseries et de meubles anciens, s'attaquent au marché russe.