Les premières réflexions ont débuté en décembre 2023 : "Après quasiment 20 ans à piloter C2i Santé, j’ai retrouvé l’ambition de viser une croissance forte. Et dans ce cadre, la fusion était nécessaire", explique Thierry Gigout, le président d’ASCND. Le 1er septembre dernier, le dirigeant lorrain a validé six mois de travail qui ont permis d’acter la disparition de C2i Santé au profit d’ASCND. Le nom de l’ancienne holding de contrôle de toutes les entreprises pilotées par Thierry Gigout, créée en septembre 2021, devient ainsi l’enseigne du leader français de la gestion du risque radiologique, installé à Laxou en périphérie de Nancy.
Une stratégie de croissance réaffirmée
Avant le changement de nom, le capital de deux sociétés rachetées par la holding ASCND, ABGX et Carron Consultants, a été repris par C2i Santé, permettant ainsi de regrouper toutes les entités sous un seul nom et de donner naissance à une société employant 120 salariés pour un total de 12 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le changement de nom se conjugue avec la réaffirmation d’une stratégie de croissance : "Nous voulons doubler le chiffre d’affaires en cinq ans", fixe Thierry Gigout.
Des croissances externes pour se développer
Le président d’ASCND a commencé à se mettre en ordre de marche pour la croissance dès 2021, avec le rachat de 100 % du capital de la société parisienne Carron Consultants. Opérant dans le conseil en management et l’accompagnement vers les certifications, Carron Consultants employait 12 personnes pour un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros. En février 2022, autre opération de croissance externe, avec le rachat d’ABGX : basée à Clermont-Ferrand, la start-up met sur le marché une offre logicielle de gestion de la radioprotection.
Des synergies délicates à rendre opérationnelles
"Nous avons essayé de faire du collaboratif entre les différentes entités", décrit le président d’ASCND. "Nous nous sommes aperçus rapidement de la limite de l’exercice consistant à réellement travailler ensemble. Au final, chacun restait sur sa focale d’expertise, même si nous avions à construire des offres complémentaires en synergie entre les entités." Un constat qui accélère les réflexions autour de la fusion, d’autant que Thierry Gigout estimait que l’offre de C2i santé était "très estampillée radioprotection", alors que le dirigeant veut aujourd’hui construire une offre de services complète. "Avec ASCND, nous avons tous enfilé le même maillot", conclut Thierry Gigout.
La relance du nucléaire ouvre des perspectives
Si l’unité commerciale "santé" d’ASCND, soit l’accompagnement des professionnels de la radiologie, pèse toujours 80 % de l’activité et doit continuer à se développer, la croissance doit désormais s’appuyer sur deux autres leviers : l’industrie et l’international. "Avant d’aller au World Nuclear Exhibition, je n’étais pas persuadé de l’opportunité de s’adresser à l’industrie. Aujourd’hui, je ne doute plus", assure Thierry Gigout. Favorisée par la relance du programme nucléaire français, l’activité de l’unité commerciale "industrie" d’ASCND doit permettre de répondre aux problématiques de toutes les sociétés opérant dans le nucléaire ou travaillant avec des rayons ionisants. Un segment de marché sur lequel ASCND veut faire jouer la qualité de ses outils pour convaincre. "Le logiciel en forme d’usine à gaz que tout le monde veut mais que personne n’utilise parce que c’est trop compliqué, c’est une impasse, estime Thierry Gigout. Au contraire, nous allons nous appuyer sur nos acquis pour proposer de petites applications répondant à des cas d’usage précis."
Un pôle innovation pour développer des outils de rupture
Autre levier de croissance, l’international : réalisant aujourd’hui autour de 100 000 € de chiffre d’affaires en Tunisie et au Maroc, ASCND veut structurer ses efforts. "En nous adressant d’abord aux pays francophones limitrophes dans un premier temps", précise Thierry Gigout. "Hors Maghreb, nous pouvons monter à 300 000 peut-être 400 000 euros de chiffre d’affaires. Mais ce n’est pas l’ambition réelle que nous avons. Parce que pour doubler notre chiffre d’affaires dans cinq ans, il va falloir aller chercher plus. Et c’est là la raison d’être du pôle innovation que nous avons mis en place", déroule le dirigeant d’ASCND.
Collecte de données à distance
En prenant le contrôle d’ABGX, Thierry Gigout a pu compter sur huit développeurs, aujourd’hui dix, pour travailler sur la digitalisation de tous les outils de l’entreprise, mais aussi pour développer des outils de rupture. "Il y a 10 ans, quand on faisait de la prise d’information, on était obligé de se rendre chez un client, de sonder, de diagnostiquer ou d’aller récupérer sur Excel de la donnée. Aujourd’hui, techniquement parlant, on peut le faire à distance, à l’image de la maintenance informatique à distance", précise le dirigeant d’ASCND, qui estime que ce modèle est le seul lui permettant de se déployer à l’international. Un chantier stratégique sur lequel s’est lancée l’équipe du pôle innovation d’ASCND. Et fidèle à sa réputation d’homme pressé, Thierry Gigout veut voir une solution développée "d’ici à 2 ans".