Le groupe d’ingénierie Artelia (11 100 salariés, 1,15 Md€ de CA) a inauguré cette semaine les nouvelles installations d’ArteLab, son laboratoire d’essais de modélisation hydraulique implanté au Pont-de-Claix, aux environs de Grenoble. Plusieurs installations de ce site historique, créé au début du XXe siècle à l’âge d’or de la houille blanche, ont donc été modernisées. "Nous avons notamment renouvelé le batteur à houle multidirectionnel, avons installé un nouveau bassin d’essai des installations de photovoltaïque flottant et investi dans une imprimante 3D pour la fabrication de pièces", explique ainsi Pierre-Etienne Loisel, directeur du laboratoire d’hydraulique.
Soutenu par l'État et la Région
Une enveloppe d’investissement de 4 millions d’euros a été engagée, dont la moitié pour le financement de nouveaux équipements et l’autre dédiée à des travaux d’aménagement, avec la création d’une zone d’accueil clients, de nouvelles passerelles et la rénovation des bureaux.
"Nous avons été soutenus par l’État et la Région dans le cadre du programme d’investissement d’avenir CINOV, au service de la Filière régionale ENR-Hydraulique", explique pour sa part Sébastien Pailhès, directeur exécutif "eau, énergie, environnement" d’Artelia.
Reproduire des phénomènes hydrauliques complexes
Le laboratoire de 11 000 m², le plus grand d’Europe, permet donc de reproduire à échelle réduite des phénomènes hydrauliques complexes – du comportement des barrages à la protection des littoraux, en passant par la gestion des eaux urbaines et des énergies marines renouvelables. Grâce à la combinaison de modèles physiques et numériques, les ingénieurs peuvent ainsi tester la performance, la résilience et la durabilité d’un ouvrage avant sa réalisation.
"Sur un modèle réduit hydraulique dont le facteur de réduction d’échelle est judicieusement choisi, les équations de l’ingénierie hydraulique se résolvent d’elles-mêmes : l’eau décide seule de la façon dont elle s’écoule sur ou autour de l’ouvrage étudié", avance Pierre-Étienne Loisel.
"Il existe très peu de laboratoires de cette taille dans le monde, capables de proposer des modélisations à la fois pour les secteurs maritime et hydraulique"
Parmi les projets phares des dernières années, figure la digue de Tadine en Nouvelle Calédonie, entièrement détruite en février 2021 lors des cyclones Lucas et Niran, et dont ArteLab a dû modéliser une nouvelle version pour étudier sa stabilité hydraulique et mesurer les volumes de franchissement.
"Nous avons également réalisé un modèle d’impact sédimentaire du barrage de Jirau sur le Rio Madeira au Brésil", poursuit le directeur du site.
60 % de projets à l’international
Le laboratoire produit une vingtaine de modèles par an, la durée de modélisation étant de trois mois au minium. "La durée des essais est très variable ; elle peut aller de deux jours à un an et demi pour les essais sédimentaires", explique encore le directeur du laboratoire. Par ailleurs, 40 % des projets sur lesquels travaille ArteLab sont situés dans l’Hexagone, contre 60 % à l’international.
"Il existe très peu de laboratoires de cette taille dans le monde, capables de proposer des modélisations à la fois pour le maritime et l’hydraulique. Nous avons des capacités à gérer le plan de charge et pouvons réaliser des modèles de très grande ampleur", estime Sébastien Pailhès.
Une quinzaine de personnes travaillent à temps plein sur le site, ainsi que 30 à 40 personnes au sein des équipes d’ingénierie d’Artelia.