Marineland avait deux mois pour se retourner et organiser la riposte contre le décret du 6 mai 2017 signé par l'ex-ministre de l'Environnement Ségolène Royal. Un texte qui, à terme, menace l'avenir du plus grand parc marin d'Europe, puisqu'il interdit, entre autres points techniques, « la reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus en France ». C'est désormais chose faite. Le parc antibois annonce avoir déposé le 6 juillet un recours au Conseil d'Etat contre l'Arrêté Royal. Celui-ci dénonce « des modifications de dernière minute bouleversant son économie générale » et qui dénaturent « le travail et les échanges résultant de plus de deux années de concertation entre les services de l'Etat, les associations de défense des animaux et de protection de l'environnement et les professionnels du secteur, en vue d'adapter l'arrêté de 1981 aux connaissances et savoir-faire acquis au fil des années ».
Un arrêté à réécrire
« Tout notre travail n'a pas été pris en compte dans le décret publié », déplorait en juin dans le Journal des Entreprises Pascal Picot, le nouveau directeur général du site phare du groupe espagnol Parques Reunidos qui appelait alors à la réécriture du texte « sur des bases purement et simplement scientifiques », soulignant que certains éléments de l'arrêté allaient « à l'encontre des directives européennes » notamment sur le sujet de « la conservation des cétacés ». Une position confirmée par le recours déposé. Il est en effet indiqué que « Marineland souhaite que l’arrêté soit réécrit avec l'aide d’un comité scientifique reconnu, et qu'il tienne compte pleinement de l'arrêté de Mars 2004 encadrant les activités zoologiques. Marineland serait donc en responsabilité, au travers le respect dudit arrêté, de remplir pleinement son rôle de parc zoologique moderne comme tous les zoos de France et d’Europe ».
Pédagogie
Né en 1970, Marineland compte en son sein plus de 350 espèces différentes, dont les fameux dauphins, orques et otaries qui attirent chaque année un million de visiteurs. C'est aussi le plus gros employeur de saisonniers des Alpes-Maritimes avec 600 emplois directs (800 en indirects). En 2017, après une année 2016 quasi-blanche suite aux inondations d'octobre 2015, il vise les 30 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et entend mettre les bouchées doubles pour éclairer sur le caractère pédagogique de ses activités, notamment à travers le déploiement d'une application mobile, à la fois guide du parc et support de communication pour les actions soutenues par sa Fondation et « ses missions de conservation des espèces ». Car la riposte ne peut être que juridique. Pour Pascal Picot, elle doit aussi se placer « sur le terrain de la pédagogie ».