Arkéa : «La banque en ligne lancée en octobre»
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Arkéa : «La banque en ligne lancée en octobre»





Le Crédit Mutuel Arkéa prépare le lancement de sa banque en ligne en octobre. Un projet phare pour le premier employeur du bassin d'emplois brestois. Entretien avec Ronan Le Moal, directeur général du groupe.


Le lancement de la banque en ligne est prévu mi-octobre. Pourquoi investissez-vous sur ce marché?

Pour les finances, Internet est rentré dans les moeurs. Il y a quatre cinq ans, on était prêt à consulter ses comptes, mais de là à passer chez un opérateur web, il y avait une frontière importante liée à la sécurité, la facilité de la relation... Aujourd'hui, il n'y a plus aucun frein. La technologie est vraiment prête avec, même, des applications nomades sur Iphone. Le deuxième aspect qui nous fait penser qu'il y a un vrai terrain à investir, c'est la recherche du meilleur prix. Après avoir été un vecteur important de développement du courtage en ligne, il fait irruption dans le monde bancaire, créant des opportunités pour des offres low cost.


Comment procéderez-vous?

Nous nous lancerons en France puis en Belgique. L'objectif étant de toucher d'abord les 120.000 clients de notre acteur de placement en ligne Fortunéo, et ce, afin d'éviter la conquête pure de comptes bancaires. Cela ferait en effet doubler leur coût d'acquisition (NDLR: de 300 à 500euros actuellement). Car un compte bancaire, seul, crée peu de marge. Celle-ci s'obtient surtout grâce aux produits venant s'y greffer: comptes titres, OPCVM, assurances vie...


Ne craignez-vous pas de cannibaliser votre réseauphysique?

C'est une question que l'on s'est souvent posée. On est arrivé aux conclusions suivantes. D'une part, à court ou moyen terme, la gestion par internet va s'adresser à une population avertie, autonome, jeune et citadine. Elle n'est pas totalement le coeur de cible du Crédit Mutuel Arkéa. D'autre part, si on n'investit pas, la banque en ligne continuera d'exister avec des acteurs comme Boursorama. Donc, en y allant, on choisit un marché grandissant sur une cible de clientèle qui ne vient pas nous cannibaliser. À plus long terme, on se protège, si d'aventure, le créneau devenait le moyen universel de conquête. Enfin, rappelons que notre banque physique est régionale. Or, Fortunéo s'adresse à l'ensemble du territoire français voire au delà. 15% de son portefeuille seulement est localisé en Bretagne.


Sur le sujet du pôle entreprises, était-il vraiment indispensable d'implanter le siège à Rennes?

Au-delà de l'aspect de localisation, c'est un vrai projet de développement. La nouvelle équipe en place ne veut pas simplement amplifier une tendance mais réellement accélérer la progression. Sur le pôle, on ambitionne les 250M? de PNB en 2015, soit une croissance supérieure de 33% à celle qu'elle aurait été sans ce plan. L'objectif est de multiplier entre 6 et 9 fois l'encours entreprises et collectivités locales et de recruter 200 personnes (NDLR: pour atteindre les 450 à 500 salariés). On veut y mettre des moyens technologiques et se doter d'une capacité à rayonner nationalement. Est-ce qu'on y perd notre âme? Mais Arkéa est déjà présent dans 36 départements, 14 de la vingtaine de nos délégations de la BCME sont en dehors du territoire breton! Quelque part, il y a une vraie logique à poursuivre cette expansion. On ne peut pas vouloir rayonner nationalement en étant à Brest, surtout si l'on pense, comme moi, que le premier commercial d'une entreprise est le patron.


Pourquoi concrètement?

Je prends souvent l'exemple de la carte de France de la SNCF. Regardez sa déformation par rapport aux distances... Pour rayonner rapidement depuis nos bases historiquesjusqu'à Lyon, Marseille ou Lille, c'est plus aisé de le faire de Rennes. Et puis, les pouvoirs économiques et politiques sont là-bas. C'est important, quand vous voulez travailler le marché des collectivités locales et territoriales.


Où en est le dossier de rachat de la banque d'affaires Palatine initié en décembre2008?

Notre offre n'a pas été acceptée par la Caisse d'Épargne, en raison de notre prix considéré trop bas. Il y avait deux méthodes pour constituer le pôle entreprises: soit on rachetait un réseau, soit on le développait nous-mêmes. On a activé notre plan B.Si demain le dossier revenait avec des conditions économiques intéressantes, on pourrait à nouveau regarder. Mais pour l'instant l'affaire est close.



Propos recueillis par Armelle Gegaden

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