Les nouveaux dirigeants d'Arc international ont présenté début septembre le plan de transformation qu'ils ont commencé à mettre en oeuvre, depuis mars dernier, date à laquelle ils sont officiellement devenus à 80 % propriétaires du géant verrier, leur plan de reprise ayant été accepté par le tribunal de commerce.
Un plan de 150 millions d'euros en 3 ans L'Américain PHP (Peaked Hill Partners), après avoir recapitalisé la société à hauteur de 58 millions d'euros, a annoncé un investissement massif de 150 millions d'euros sur trois ans afin, tout d'abord, d'augmenter la production du site tout en modernisant l'outil. « Notre capacité est de 400.000 tonnes, or nous ne livrons que 200.000 tonnes, il nous faut donc d'une part augmenter les ventes et reconquérir des marchés et d'autre part optimiser l'outil dont les charges fixes sont les mêmes qu'il tourne à plein régime ou pas », a indiqué Tim Gollin. Il s'agit parallèlement d'améliorer la productivité en réduisant le gaspillage, les coûts de production et en automatisant certains équipements. Des gains sont notamment à faire au niveau des emballages, - le plan de productivité prévoit une standardisation et une plus grande automatisation ? ainsi qu'en logistique où certaines palettes peuvent être déplacées jusqu'à douze fois.
Une baisse du prix de vente Toutes ces mesures visent la baisse globale du prix de revient afin de baisser, au bout de la chaîne, les prix de vente et revenir à des prix de marché, a également souligné Tim Gollin estimant être 20 à 30 % au ? dessus aujourd'hui. Une situation qui a généré « des pertes de part de marché notamment dans la grande distribution ». Pour cela, poursuit Tim Gollin : « il nous faut améliorer la chaîne de coûts depuis la sortie des fours jusqu'à la mise en rayon. Nous avons su le faire pour un client comme Ikéa en travaillant directement avec lui sur plusieurs axes de productivité ».
Un nouveau four avec Ikea
Arc International, qui fournit depuis longtemps le géant suédois, a rallumé en juin dernier un four inactif depuis plusieurs années dont la production lui est totalement dédiée pour des bols et assiettes de la marque Oftast, en verre blanc. Ikéa a contribué à l'investissement de douze millions d'euros nécessaire pour relancer ce four. Il a travaillé de concert avec Arc pour réduire notamment
les rebuts et surtout optimiser l'emballage, un poste qui va être encore
un peu plus automatisé. Ce four alimente aujourd'hui deux lignes. Une troisième devrait être ajoutée l'année prochaine.
Réduire les délais Outre l'amélioration de la qualité du service, en réduisant notamment les délais de livraison de commandes ? trois jours contre 15 jusque-là pour des collections courantes ? la reconquête de parts de marché passera également par l'innovation. « Nous voulons renouveler 25 % des références d'ici 18 mois, mais également avoir une relation plus directe avec nos clients. Nous allons aussi renforcer nos équipes de vente », a précisé Didier Riebel, directeur du groupe.
600 millions de volume de ventes en 2020
L'objectif est de faire passer les volumes de ventes de l'usine d'Arques de 450 millions d'euros aujourd'hui à 600 millions d'ici à 2020. Le chiffre d'affaires du groupe devrait quant à lui avoisiner les 900 millions d'euros cette année, contre 850 l'année dernière, avec un Ebitda autour de 90 millions d'euros. Deux fondamentaux en progression de 10 %, cela grâce au dynamisme des marchés américains et russes et des taux de change favorables. Le groupe Arc International, qui compte quatre usines dans le monde, emploie plus de 10.000 salariés, dont un peu plus de la moitié sur le site d'Arques.
Nicole Buyse
ARTS DE LA TABLE Le groupe industriel Arc International va bénéficier d'un plan d'investissement de 150 millions d'euros sur trois ans. Un somme consacrée à la modernisation de son outil de production. De quoi augmenter les ventes, tout en gagnant en productivité.