La stabilité. C’est le principal bénéfice qu’espère tirer le groupe landais Aqualande (1 100 salariés, 175 M€ de CA en 2023) de la politique d’achat groupé d’électricité verte à laquelle il est associé. Portée par la Région et le Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine, cette politique vise à fournir d’ici à 2026 environ 20 % de la consommation d’une dizaine d’entreprises régionales. Le contrat en PPA (Power Purchase Agreement) s’étend sur une durée minimum de 15 ans. Une première à cette échelle, ce type de contrat étant plutôt réservé aux grandes entreprises.
Une envolée de 3 à 7 millions d’euros par an
"La flambée des prix est venue accélérer les choses, mais chez nous, cette préoccupation de bien utiliser nos ressources est présente depuis longtemps", précise Lionel Colin, directeur QHSE (qualité, hygiène, sécurité et environnement) et RSE du groupe d’aquaculture fondé en 1981.
Regroupant aujourd’hui 48 sites d’élevage de poissons, Aqualande dispose en région de deux sites de transformation à Roquefort et Sarbazan (Landes). Il consomme essentiellement "entre 28 et 30 GWh par an d’électricité, principalement dans nos processus de transformation, notamment les étapes de séchage et de fumage des truites". Le leader européen de la truite n’a pas échappé à la flambée des tarifs de l’énergie en 2022.
"Pour l’électricité, on est passé d’une facture d’environ 3 millions d’euros à plus de 7 millions d’euros", précise le responsable. "On nous annonçait depuis longtemps que le prix de l’électricité allait s’envoler. L’enjeu était relativement faible pour nous, il est devenu plus visible dès la fin 2021."
15 % de la consommation
Aqualande a donc intégré la réflexion de la Région et du Club des ETI autour d’un achat groupé de gré à gré et a été partie prenante dès son étude de faisabilité. Le projet a abouti à un premier appel d’offres publié en juillet 2024 et à la signature en décembre d’un contrat de complément de fourniture d’électricité avec le fournisseur Volterres, pour assurer 80 % de la consommation restante. Aqualande a fait le choix de ne pas participer à cette seconde étape. "Notre volume de consommation était suffisant pour rester autonomes dans notre stratégie d’achat d’électricité", justifie Lionel Colin.
L’ETI est par ailleurs engagée dans un plan de réduction de son empreinte carbone à horizon 2030 qui passe essentiellement, pour le volet énergétique, par l’abandon du gaz au profit de l’électricité. Elle a signé un nouveau contrat courant jusqu’en 2029 avec EDF, son fournisseur historique.
Si la flambée des prix s’est calmée depuis, elle compte sur le PPA pour sécuriser son approvisionnement à plus long terme. "Le PPA va représenter 15 % de notre consommation et la centrale solaire qui va l’alimenter devrait être à quelques kilomètres de nos sites de transformation", révèle Lionel Colin, soulignant ainsi l’intérêt accru, au-delà de la durée de contractualisation, d’une démarche locale.
Enfin, Aqualande voit dans cette initiative un bon moyen de renforcer ses ambitions d’augmenter la part d’énergie renouvelable dans son approvisionnement. "Nous souhaiterions qu’elle représente plus de la moitié de notre approvisionnement en électricité à horizon 2030."